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Coupe forestière: après Manawan, au tour de Wemotaci de monter le ton

Les Atikamekw de Wemotaci mettent en demeure le gouvernement. L'objectif: forcer Québec à revoir ses façons de faire en ce qui a trait à l'exploitation forestière et à l’octroie de baux de villégiatures.

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Le chef de Wemotaci, François Néashit, accompagnés de chef de territoire familiaux a déplorer le manque de réelles consultations avec la communauté et les familles. 

«De notre point de vue, les consultations actuelles sont superficielles, les accommodements dérisoires, les effets cumulatifs ne sont jamais pris en considération. (...) L’ensemble des processus de consultation en cours ne sont que de la poudre aux yeux qui ne servent que les intérêts de Québec», a déploré le leader autochtone. 

Les chefs et représentants familiaux abondent dans le même sens. Ils considèrent que de la façon dont on exploite le territoire, on met en péril leur mode vie et leur culture. 

«J’ai demandé qu’on protège une montagne où il y avait des plantes médicinales. La montagne, ils l’ont rasé», témoigne André Ambroise.

«L’industrie elle parle d’aménagement du territoire, pour nous c’est une destruction du territoire», seconde Eugène Petiquay.

Le régime forestier est aussi considéré comme étant inconstitutionnel par les Atikamekw. L’avocat du CAW, Me Jacynthe Ledoux, considère que le temps alloué aux familles pour bien comprendre le plan d’aménagement est présenté dans l’urgence. 

«Les stratégies utilisées par l’industrie ne laisse pas le temps aux familles d’être réellement consultées et bien informées», explique-t-elle.

Les innus se tournent aussi vers le tribunal

Le chef de l’Assemblée des Premières nations Québec-Labrador, Ghislain Picard a averti que d’autres nations pourraient emboîter le pas. 

D’ailleurs, le Conseil de la Première nation des Innus d’Essipit et de Mashteuiatsh ont déposé jeudi après-midi un recours en Cour supérieure pour contre Québec pour «manquement à son obligation de consultation entourant les enjeux de protection du caribou».

On déplore aussi le manque de réelles consultations de la part du gouvernement. 

5e jour de manifestation à Manawan

La manifestation sur le chemin forestier Casey, au nord de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, se poursuit pour une cinquième journée.

La famille Dubé veut protéger son territoire alors qu'une compagnie forestière, affiliée à la Scierie de Saint-Michel-des-Saints, a procédé à des coupes sur une érablière. 

«C'est comme si on se retrouvait devant Goliath. C'est comme ça qu'on se sent. On est peu nombreux contre une grosse industrie. Et probablement que cette industrie est soutenue par le gouvernement. (...) Pour nous, la forêt c'est notre garde-manger. On en a besoin pour nourrir nos familles. C'est la même chose pour la médecine. On puise la médecine dans nos forêts», explique Annette Dubé, porte-parole de la famille.

Des fonctionnaires iront constater les dégâts 

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, promet que des fonctionnaires de son ministère se rendront sur place. 

Une proposition d'entente sera présentée au Grand chef de la nation Atikamekw, Constant Awashish, pour dénouer l'impasse non seulement de ce conflit, mais aussi les tensions qui perdurent entre les Autochtones et l'industrie forestière.

«Les tables intégrées de gestion du territoire sont censées prendre acte de l'ensemble des intervenants que ce soit les communautés autochtones ou les motoneigistes. Il faut absolument que ce processus-là fasse le travail de façon plus adéquate. C'est pour ça qu'on a mis un chantier là-dessus au niveau de mon ministère», explique le ministre.

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