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Des images inédites à «J.E»: des meurtriers filmés en livrant leurs aveux

Joute psychologique, questions empathiques, dévoilement de la preuve : les enquêteurs de la Sûreté du Québec multiplient les techniques pour emmener des meurtriers comme Alexandre Bissonnette à avouer leurs crimes.

Des images inédites qui seront présentées vendredi soir à J.E permettent de mieux comprendre le travail des enquêteurs lorsqu’ils en viennent à confronter un suspect dans des dossiers d’homicides.  

Dans les trois cas présentés vendredi soir à 21 h sur les ondes de TVA, tous les meurtriers sont passés aux aveux dans le calme, et ce, à peine quelques jours – voire quelques heures – après avoir commis l’horreur. Ils ont tous été par la suite reconnus coupables devant un tribunal. 

L’auteur de la tuerie de la grande mosquée de Québec n’y échappe pas. 

Le 30 janvier 2017, moins de 24 heures après avoir assassiné froidement six personnes et fait plusieurs blessés, Alexandre Bissonnette se livrait aux autorités.  

Au quartier général de la Sûreté du Québec (SQ), l’enquêteur d’expérience Steeve Girard mène l’interrogatoire. Le policier parle calmement au suspect et s’assure qu’il comprend bien les accusations auxquelles il fait face. 

Rapidement, Bissonnette se dit obsédé par la possibilité que ses proches soient en danger.  

L’enquêteur Girard le rassure, lui demande de le regarder et l’appelle par son surnom, « Alex ». L’objectif est de chasser ces pensées sans fondement, pour ne pas nuire à l’interrogatoire. 

« L’enquêteur met l’accent sur le fait d’attirer son attention, lui dit “écoute, fais-moi confiance, tes parents vont bien, ton frère va bien” », commente Christian Michaud, directeur adjoint aux enquêtes criminelles à la SQ. 

Confidences  

Deux heures après le début de la rencontre, le terrain semble propice aux confidences. L’interrogateur parle politique avec Bissonnette.  

« On vise à explorer un petit peu le mobile, l’idéologie du suspect qui est en avant de nous autres. Comment le suspect pense par rapport à certains sujets », poursuit M. Michaud. 

La tactique fonctionne. Alexandre Bissonnette confirme qu’il « voulait sauver des gens » des « attaques terroristes », dévoile les armes qu’il avait en sa possession et admet, calmement, qu’il a bel et bien fait feu.  

Il mime le meurtre  

Le policier Christian Michaud a lui aussi dirigé bon nombre d’interrogatoires.

Dans le cadre de l’émission, on le voit recueillir en mai 2010 les aveux de Daniel Blais, un homme au lourd passé criminel qui a tué un octogénaire dans Bellechasse. 

Blais ira jusqu’à mimer en salle d’interrogatoire la manière dont il a tué sa victime.  

Deux ans plus tôt, Christian Michaud avait dû faire preuve de compassion pour soutirer des aveux de Richard Pilon dans une histoire de meurtre survenue au nord de Montréal. 

Un homme de 88 ans avait été retrouvé sans vie, après quoi sa résidence avait pris feu. 

Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Patrick Déry sur QUB radio:

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