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Toujours pas de libération pour Raif Badawi

Le blogueur saoudien Raif Badawi, dont les 10 ans de prison pour avoir critiqué les autorités religieuses de l'Arabie saoudite devaient se terminer lundi, a finalement dû se résoudre à passer une nuit de plus en détention.

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«J’ai parlé à Raïf ce matin; lui non plus n’a aucune nouvelle», a confié sa conjointe, Ensaf Haidar, rencontrée dans sa résidence de Sherbrooke lundi.

Pour Ensaf et ses trois enfants, chaque jour compte. «La dernière fois que j’ai vu mon père, j’avais 7 ans, c’est tellement long, a raconté son fils Terad, aujourd’hui âgé de 17 ans. J’avais beaucoup d’espoir qu’il soit libéré aujourd’hui.»

Une fois sorti de prison, le blogueur ne sera pas complètement libre. Il est visé par une interdiction de quitter le pays pendant encore 10 ans. «Il lui sera également interdit d’utiliser les médias sociaux et il a été condamné à une amende équivalente à plus de 300 000 dollars canadiens, a déploré Colette Lelièvre, responsable des campagnes et des actions chez Amnistie internationale Canada.

Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Ensaf Haidar sur QUB radio :  

Sylvana Douaihy, coordonnatrice générale de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents, croit qu'il serait dans l'intérêt du prince héritier Mohammed Ben Salmane de libérer complètement Badawi. «Il a des intérêts à libérer M. Badawi parce que depuis plusieurs années, le prince cherche à se montrer ouvert, réformateur et déterminé à moderniser le royaume.»

Les députés canadiens ont adopté à l'unanimité lundi une motion demandant au ministre d'accorder la citoyenneté canadienne au blogueur. Une motion similaire avait été votée il y a plus d'un an.

«Nous sommes de tout cœur avec la famille de Raïf Badawi et le ministre [de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté] Sean Fraser envisage cette possibilité [de lui accorder la citoyenneté]», a commenté la députée libérale fédérale de Sherbrooke, Élisabeth Brière.

Vendredi dernier, les partisans de Raif Badawi ont tenu une 374e vigile réclamant sa libération à Sherbrooke. Ils n'ont pas l'intention de cesser leurs manifestations «tant et aussi longtemps que Raïf ne sera pas avec nous ici à Sherbrooke», a assuré Monia D’Amours, une militante qui s’implique auprès de la famille pour obtenir la libération du blogueur.

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