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Cinq femmes témoignent de leur réalité quotidienne

En cette journée de la femme, TVA Trois-Rivières a rencontré cinq femmes issues de milieux différents pour mieux comprendre la réalité dans laquelle elles vivent chaque jour.

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D'abord, le domaine policier. 

L'inspectrice Stéphanie Marion travaille au sein de la Police de Trois-Rivières depuis 26 ans. Initialement patrouilleuse au Service de police de Cap-de-la-Madeleine, elle dirige maintenant plusieurs équipes. 

«J'ai été la première à faire partie des équipes des officiers syndiqués. Par la suite, j'ai atteint un niveau cadre», a-t-elle expliqué. 

Après plusieurs années d'efforts et de persévérance, elle fait désormais partie des deux femmes à la direction sur sept personnes. 

«Quand je suis arrivée comme patrouilleuse, il fallait que je fasse mes preuves à savoir si physiquement, j'étais en mesure d'assister mes confrères parce que je n'avais pas la même taille qu'un homme, bien entendu, la même force physique malgré le fait qu'on passe tous des tests à l'École Nationale de Police où il n'y a pas de discrimination à ce niveau-là. Mais il y avait toujours cette idée-là que les hommes avaient en tête : ''si j'ai besoin d'aide, est-ce qu'elle va me soutenir?'' Si j'avais eu des craintes par rapport à ma capacité, je n'aurais pas joint une organisation policière», a-t-elle affirmé. 

Dans le domaine judiciaire, la proportion homme-femme est plutôt égale. 

«Je travaille en droit criminel et on va se le dire, la plupart des avocats en droit criminel, ce sont des hommes même si la majorité des avocats sont des femmes. Je n'ai jamais senti de discrimination à mon égard. Je pense que la justice a vraiment fait un bon bout de chemin», a expliqué l'avocate en droit criminel à l'aide juridique à Shawinigan, Me Karine Buissière. 

Et maintenant, c'est au tour des victimes féminines de prendre plus de place dans le domaine judiciaire grâce à des programmes et des projets pilotes incluant un projet développé par l’organisme de Shawinigan. 

«C'est le service ''Rebâtir''. Ce service-là s'adresse aux victimes de violence sexuelle et de violence conjugale. Ce sont des consultations téléphoniques avec un avocat de l'aide juridique qui sont totalement gratuites, peu importe le revenu de la personne. Elle va avoir le droit à des questions de n'importe quel domaine de droit et si jamais l'avocat se rend compte, après un délai de quatre heures, qu'il doit y avoir un suivi, il va faire lui-même la référence dans un bureau d'aide juridique», a-t-elle décrit. 

Chaque année en politique, il y a de plus en plus de femmes qui se présentent selon la mairesse Geneviève Dubois, qui pilote la ville de Nicolet depuis 2016. 

«Je pense qu'il faut davantage développer le réflexe d'aller chercher des femmes. Moi, j'ai été sollicitée par des hommes qui me disaient : ''on te voit là, tu serais bonne, tout ça''. C'est vraiment ce qui m'a encouragée à faire le pas. Les femmes, souvent, ont l'impression qu'elles n'ont pas nécessairement toutes les compétences pour assumer ce rôle-là, alors que souvent, elles sont déjà très très bonnes.» 

Elle espère en inspirer d'autres à se lancer. 

«Moi, j'ai eu beaucoup d'appels, avant les élections, de jeunes femmes ou de femmes qui se présentaient et qui avaient des questions, qui avaient besoin d'être rassurées. Même après les élections, parfois, on pense que c'est quelque chose, mais quand on arrive dans le milieu, on voit que c'est autre chose», a détaillé Mme Dubois. 

Dans le domaine de la santé, ce sont principalement des femmes qu'on retrouve sur le terrain. Parmi la haute direction, la place de la femme prend de plus en plus d'importance. 

«En 2004, quand je suis devenue cadre supérieure, il y avait déjà des femmes autour de la table. Elles avaient plus d'expérience que moi et je présume qu'elles ont eu à se battre davantage que moi pour atteindre ce résultat-là. Aujourd'hui, ce que j'aime beaucoup de mon travail, c'est que je peux faire du mentorat auprès de jeunes femmes gestionnaires pour leur permettre et leur donner l'opportunité d'apprendre de quelqu'un qui a passé par les mêmes défis puis, j'espère que je vais semer chez elle toute l'énergie que j'ai mise dans ma carrière, mais aussi pour faire la différence pour les patients et que ça reste», a raconté la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS de la Mauricie–Centre-du-Québec, Nathalie Boisvert. 

Pour la présidente de Moderna originaire de Trois-Rivières, l'industrie pharmaceutique est composée de plus en plus de femme, mais l'égalité n'y est pas encore. 

«Souvent, je me retrouve dans des réunions où je suis la seule femme, où il n'y a pas beaucoup de femmes, où je sens encore un petit symptôme de l'imposteur, puis je me dis : ''mon Dieu, on a encore beaucoup de chemin à faire''. C'est d'avoir la force dans ces situations-là de ne pas se sentir femme, mais de se sentir leader. De ne pas se sentir minoritaire, mais de sentir qu'on a une voix pis de prendre cette place-là dans ces moments-là et ça prend un petit peu de "coaching in the moment" pour se trouver le courage et prendre la voix qu'on a», a exposé Patricia Gauthier.

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