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Éviter que le condo tant rêvé devienne une cage dorée

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Illustration Adobe Stock

Pénélope, une professionnelle de la santé de 35 ans, gagne un salaire confortable et souhaite s’acheter un condo. Mais, sa situation financière est-elle vraiment suffisamment bonne pour qu’elle réalise son rêve?

Jusqu’ici locataire, Pénélope aimerait maintenant s’acheter un condo. Avec des revenus annuels de 82 000 $ auxquels s’ajoutent des heures supplémentaires, elle pense pouvoir se le permettre, mais elle n’en est pas sûre. Elle a aussi un solde impayé de 8000 $ sur ses cartes de crédit et un prêt-auto de 29 000 $. 

Ses parents lui ont offert de verser la mise de fonds de 20 %, ce qui lui évitera de contracter une assurance-prêt. Grâce à cette contribution, elle espère pouvoir se lancer dans l’aventure. Des questions concernant son niveau d’endettement avant et après l’achat ainsi que son dossier de crédit demeuraient sans réponses. Elle a donc clavardé avec un conseiller de la firme de syndic autorisé en insolvabilité Jean Fortin et Associés pour s’assurer qu’elle ne commettait pas une erreur. Voici le résultat.

Acheter ou pas?

Avant de prendre une décision, Pénélope devra suivre plusieurs étapes. 

« Tout d’abord, nous avons tracé un portrait de sa situation financière. Elle paye 1100 $ de loyer par mois ainsi que 478 $ pour son prêt-auto sur lequel il reste encore cinq ans. Elle doit aussi rembourser ses cartes de crédit. Au bout du compte, nous avons calculé que son ratio d’endettement est de 28 %, soit un taux enviable », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés.

Étape suivante : préparer un budget préliminaire. Puisqu’elle n’en a jamais fait auparavant, il a été basé sur ses dépenses fixes connues (loyer, assurances, électricité, etc.) et sur une estimation des dépenses variables (épicerie, vêtements, sorties, etc.). 

« Ce budget préliminaire affiche un excédent de 720 $ par mois, une somme rondelette », indique M. Fortin. 

Par ailleurs, son dossier de crédit affiche un très bon pointage (755) et une cote impeccable (R-1) est associée à chacun de ses créanciers.

Reporter son projet

Tous ces éléments favorables suffisent-ils pour qu’elle puisse envisager de devenir propriétaire ? 

En effectuant des projections sur la base d’une hypothèque de 325 000 $, un prêt fixe sur cinq ans à un taux d’intérêt de 3 %, on arrive à un paiement mensuel de 1541 $. 

« Mais ce n’est pas tout, il faut aussi ajouter à ce montant les frais de condo et les taxes. On doit également tenir compte des frais non récurrents (frais de mutation, honoraires du notaire, déménagement, etc.), ce qui fait encore grimper la facture », souligne M. Fortin.

Les calculs indiquent que si elle achète un condo, non seulement Pénélope devra renoncer à ses surplus de 720 $ par mois, mais qu’il lui faudra aussi se serrer la ceinture et sabrer ses dépenses pour pouvoir assumer les nouveaux paiements mensuels. Son niveau d’endettement passerait aussi à 39 %, soit très près de la limite de ce qui est accepté par les institutions financières pour consentir un prêt régulier.

Devant ce constat, la jeune femme a décidé d’attendre une année supplémentaire avant d’acheter une propriété. Cela lui laissera le temps de rembourser ses cartes de crédit, de mettre davantage d’argent de côté et peut-être que d’ici là, le marché immobilier sera un peu moins en surchauffe... 

Conseils   

  • Vérifiez toujours votre dossier de crédit avant de vous présenter devant un prêteur. Si une erreur entache votre dossier, il est possible de la faire corriger, mais cela peut prendre plusieurs semaines. 
  • Prenez le temps d’évaluer le coût supplémentaire de votre achat, tant les dépenses récurrentes (hypothèque, taxes, entretien, frais de condo) que non récurrentes (frais de mutation, notaire, déménagement, ameublement, etc.). 
  • L’achat d’une propriété est bien souvent la dépense la plus importante dans une vie et l’engagement le plus long que vous prendrez. Ne laissez pas votre demeure devenir une cage dorée ! 
  • Pour évaluer votre capacité à assumer des dépenses fixes, ne vous basez pas sur un revenu qui inclut des heures supplémentaires. En effet, votre employeur pourrait cesser de vous en donner, sans compter le fait que cela peut vous conduire au surmenage. L’argent gagné de cette façon devrait être considéré comme un bonus et vous servir à rembourser rapidement vos dettes, à économiser ou à vous gâter. 
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