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Zelensky demande à Israël de «faire un choix» en soutenant l'Ukraine face à la Russie

Jouant sur son propre héritage juif, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé dimanche à Israël de «faire un choix» en soutenant concrètement l'Ukraine face à la Russie, lors d'une allocution en visioconférence devant les députés du Parlement israélien.

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«L'Ukraine a fait son choix il y a 80 ans et nous avons des Justes qui ont caché des juifs, il est temps pour Israël de faire son choix (...) l'indifférence tue, les calculs tuent», a déclaré M. Zelensky, dans une allocution en ukrainien traduite en hébreu.

«Il est possible de faire la médiation entre les pays, mais pas entre le bien et le mal», a-t-il ajouté, alors que l'État hébreu a adopté une position prudente après l'invasion russe de l'Ukraine, faisant valoir des liens privilégiés avec les deux pays. De plus, Israël compte plus d'un million de citoyens originaires de l'ex-Union soviétique.

Le premier ministre israélien Naftali Bennett a tenté de lancer une médiation entre l'Ukraine et la Russie, se rendant à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine, peu après le début de l'invasion, et multipliant les entretiens téléphoniques avec M. Zelensky.

«On peut se demander pourquoi nous ne pouvons pas recevoir des armes de votre part et pourquoi Israël n'a pas imposé de sanctions sérieuses contre la Russie ?», a déclaré M. Zelensky. Selon les médias israéliens, M. Bennett a rejeté à plusieurs reprises les demandes d'assistance militaire de Kyïv.

Dans sa quête d'équilibre entre l'Occident et la Russie, l'État hébreu n'a pas aussi rejoint le train des sanctions occidentales à l'encontre de la Russie et d'oligarques jugés proches du président Poutine, dont certains ont aussi la nationalité israélienne, à l'instar de Roman Abramovitch, propriétaire du club anglais de football de Chelsea.

Israël s'est engagé la semaine dernière à ne pas permettre à Moscou et aux oligarques visés de «contourner» les sanctions et va déployer cette semaine une clinique dans l'ouest de l'Ukraine.

 Dans ce discours également retransmis sur grand écran dans la métropole israélienne Tel-Aviv, le président ukrainien a encore estimé que l'invasion russe de l'Ukraine était une tragédie pour «les Juifs et le monde entier», en traçant des parallèles avec la Shoah, le génocide juif par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

«Le Kremlin utilise la terminologie nazie, les nazis parlaient de +solution finale+ pour la question juive, vous ne l'oublierez jamais et maintenant Moscou parle de ‘’solution finale’’ pour l'Ukraine», a-t-il martelé.

«On ne peut pas réécrire l'histoire de la Shoah, ce génocide qui a été aussi commis sur la terre ukrainienne. La guerre est terrible, mais la comparer aux horreurs de la Shoah et à la solution finale est révoltant», a réagi sur Twitter Yoaz Hendel, le ministre israélien des Communications.

«En mettant de côté toute considération politique, nous assistons à un événement où la distinction entre le bien et mal, entre l'agressé et l'agresseur, est claire. Le temps de la clarté morale est venu», a déclaré le maire de Tel-Aviv, Ron Huldaï, devant des manifestants pro-Ukrainiens réunis dans le centre de la métropole israélienne.

Parmi eux se trouvait Victor Vertsner 45 ans, un Israélien né en Ukraine et qui dit avoir perdu cinq amis depuis le début de l'invasion russe.

«J'ai honte, nous faisons trop peu et le faisons tard, nous devons faire plus, nous n'avons pas le droit de rester à l'écart et d'observer, en tant que peuple juif qui a vécu la Shoah et qui a survécu (...) nous devons fournir des armes», a-t-il déclaré.

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