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La payante patience des policiers en interrogatoires

L’un des meurtriers d’un couple de tenanciers de bars de Saint-Hyacinthe a tout avoué grâce à la patience de l’enquêteur de police en interrogatoire.

Francis Yergeau, qui purge une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans pour le double meurtre de Nancy Beaulieu et Martin Bélair, a admis ses gestes le jour de son arrestation, en mai 2016.

Des extraits-chocs de ses aveux seront présentés ce soir à l’émission J.E, à 21 h sur les ondes de TVA.

Dans ce troisième épisode de la série des grands interrogatoires du Québec, on constate que Yergeau, alors âgé de 37 ans, ne déballe pas son sac d’emblée.

Francis Yergeau, arrêté en 2016, a avoué ses meurtres le jour même en interrogatoire.

Photo d’archives

Francis Yergeau, arrêté en 2016, a avoué ses meurtres le jour même en interrogatoire.

Avec son complice, Guiseppe de Leto, il avait minutieusement planifié et exécuté les meurtres de la gérante et du propriétaire d’un bar de danseuses en janvier 2015.

Après quatre heures d’interrogatoire, l’enquêteur de la Sûreté du Québec, Daniel Fortin, parvient à le faire sortir de sa coquille. En présentant un à un les éléments de preuve recueillis dans l’enquête policière, il laisse entendre à Yergeau qu’il a été utilisé comme une « marionnette » par de Leto.

Il craque  

Le meurtrier craque. « Ça ne me dérange pas de tout dire, mais je ne veux plus rien savoir de lui », lance-t-il à propos de son complice, avant d’expliquer le crime et sa préméditation.

« Donc, lui a tué Nancy, et toi, tu as tué Martin ? » lui demande l’enquêteur.

« C’est ça », avoue Francis Yergeau, avant d’ajouter qu’il a atteint Martin Bélair avec son arme à feu « à trois reprises ».

Ces aveux seront déterminants, car Yergeau a ensuite nié avoir commis le meurtre lors de son procès à la fin 2019. Le jury, qui a visionné l’interrogatoire, ne l’a pas cru et il a écopé de la peine la plus sévère prévue au Code criminel.

Francis Yergeau

Capture d’écran, J.E.

Dans un autre interrogatoire présenté à J.E, on voit le meurtrier violent Esteban Adam Robillard, qui a tué un homme à la sortie d’un bar en 2014, péter les plombs après son arrestation dans une salle d’interrogatoire exiguë.

Il crie, il sacre, frappe les murs et lance une chaise.

L’enquêteur assis à quelques pouces de lui doit faire preuve d’un grand sang-froid.

« Étonnamment, c’est assez rare qu’on ait des interrogatoires où il y a vraiment une grande démonstration d’agressivité », analyse Christian Michaud, directeur-adjoint des enquêtes criminelles à la SQ. « Cette agressivité-là, c’est une soupape. [...] C’est important de demeurer attentif aux mots qui sortent pendant cette agressivité. »


L’émission J.E est présentée tous les vendredis à 21h à TVA et en rediffusion à LCN le samedi à 13h et à 19h.

Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio : 

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