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L'impact «dramatique» de la guerre en Ukraine sur les activités de Soprema

La conflit russo-ukrainien a des impacts jusque chez les entreprises québécoises comme Soprema, qui tente de maintenir son rythme de production malgré la rareté de certaines matières premières provenant de pays touchés par la guerre.

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Soprema est une entreprise québécoise bien connue des travailleurs du secteur de la construction, plus précisément ceux qui s’occupent de l’enveloppe des bâtiments. 

Rencontré à l’usine de Drummondville, le vice-président et chef de la direction de Soprema, Richard Voyer, explique: «On a des membranes d'étanchéité, on a des produits liquides, on fait toutes sortes de choses, on a quand même huit usines au Québec.»

Et ces usines, elles roulent à plein régime, 24 heures par jour, sept jours sur sept, afin de pouvoir répondre à la forte demande.

«On produit au maximum de nos capacités, donc nos usines sont à 100% de capacités», déclare M.Voyer.

L’impact «dramatique» de la guerre en Ukraine

Actuellement au Québec, plusieurs chantiers de construction sont au ralenti en raison d’une pénurie de matériaux, comme les panneaux isolants produits par Soprema.

Pour expliquer cette situation, Richard Voyer soutient que ce sont les matières premières qui manquent. 

«On n'arrive pas à trouver soit le polyol ou l'isocyanate, qui sont nécessaires pour produire. Donc, il y a un manque de capacités au niveau des matières premières, et c'est ça tout le défi» indique-t-il, ajoutant au passage que la guerre en Ukraine a un impact «dramatique» sur la fabrication de certains matériaux.

«Dans certains cas, la Russie est un gros fournisseur de matières premières, de produits chimiques. Donc, ils arrivent avec un manque de matières premières qui est vraiment fulgurant dans l'industrie. Et si ça continue, et si ça s'étend, il y aura des impacts qui vont être encore plus importants au niveau des matériaux de construction, c'est clair», témoigne-t-il.

M.Voyer assure néanmoins avoir réussi à éviter la rupture de stock au niveau des polymères en s’approvisionnant en Asie. Toutefois, cette stratégie vient avec un coût plus élevé et des enjeux de transport en raison de la rareté des conteneurs.

Le défi de proposer des produits de plus en plus verts

Questionné à savoir comment il voit l’avenir des matériaux de construction, Richard Voyer affirme que le secteur devrait proposer de plus en plus de produits qui sont respectueux de l’environnement.

Selon lui, cela passera notamment par des investissements massifs qui permettront aux usines comme celles de Soprema de réduire leur dépendance aux produits chimiques. 

Il soutient même qu’il faudra peut-être que les entreprises acceptent de réduire leur marge de profit à court terme pour y arriver.

«À un moment donné, on doit réduire un peu et accepter d'avoir une réduction de nos bénéfices à court terme pour viser le long terme aussi et la durabilité de nos usines et la durabilité de nos industries aussi», explique-t-il.

Pour préciser sa pensée, il poursuit: «La planète ne va pas bien (...) et si nous ne faisons pas l'effort dans l'industrie et attendons après la réglementation pour faire les choses, on va simplement passer à côté.»

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