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La guerre en Ukraine et ses effets sur la santé mentale

L’Ukraine en est à la 64e journée de frappes russes. Depuis quelques jours, Vladimir Poutine évoque de plus en plus la possibilité d'une guerre qui pourrait s'étendre aux autres pays qui soutiennent l'Ukraine et cette menace préoccupe bien des gens, même aussi loin qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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La possibilité d'une Troisième Guerre mondiale vous inquiète? Si oui, sachez que vous n'êtes pas seuls.

À Saguenay, le Centre de prévention du suicide reçoit beaucoup d'appels de gens qui ont besoin de ventiler. Bien que les interventions n’aient pas augmenté de manière significative, la guerre fait partie des motifs qui génèrent des appels.

«On a observé une augmentation de la détresse et de l’anxiété beaucoup chez les personnes. On a eu de gros appels, les personnes sont super anxieuses par rapport à ça et on a vu beaucoup de questionnements aussi par rapport aux enjeux de la société», a expliqué à TVA Nouvelles la superviseure clinique au Centre de prévention du suicide 02 Émilie Pronovost, jeudi.

Les intervenants constatent qu’un nombre plus élevé d’hommes que de femmes appellent quant à cette situation. Cela touche surtout les hommes âgés de 30 à 40 ans, ou encore des retraités. Lorsque la guerre a débuté en Ukraine, au moins une dizaine d’anciens militaires ont également fait appel à leurs services.

«Oui, on a eu d’anciens militaires qui nous ont contactés et que ça préoccupe parce qu’ils ont déjà vécu des expériences similaires par rapport à la guerre», a évoqué Mme Pronovost.

Le psychologue Louis Legault encourage d’ailleurs les gens qui ont besoin de consulter à entreprendre les démarches nécessaires. Il mentionne que de voir des individus prendre l’initiative montre leur volonté à aller mieux.

«C’est sûr que ça ravive des choses. Ces gens-là restent avec des fragilités. Si ce n’est pas un traumatisme clair, ce sont au moins des fragilités», a-t-il indiqué.

Plusieurs citoyens sondés par TVA Nouvelles affirment également être préoccupés par la guerre en Ukraine. C’est le cas de Caroline Bédard, qui souffre d’un problème d’anxiété généralisé. Elle explique qu’alors qu’on tente de se sortir la tête hors de l’eau après deux ans de pandémie, le conflit ajoute un stress de plus.

«De mon côté, c’est anxiogène, parce que ça touche la planète entière. Ça touche nos familles, nos enfants qui sont notre futur. C’est très déstabilisant pour nos projets d’avenir», a-t-elle constaté.

Que faire? 

Louis Legault rappelle qu’il existe des solutions pour mieux gérer notre anxiété au quotidien. En ce qui concerne le flux d’informations qui circulent dans les médias au sujet de la guerre, il mentionne qu’il faut gérer notre consommation d’information, puisqu’on peut se sentir envahi.

«Je pense qu’il faut regarder ça d’une manière rationnelle et se souvenir que 80 % de ce qui nous inquiète n’arrive pas», a soutenu le psychologue.

Le Centre de prévention du suicide 02 invite également toute personne qui se sent préoccupée et qui ressent le besoin de parler de ne pas hésiter à les appeler en composant le 1-866-APPELLE.

«On est là pour écouter les personnes, pour les conseiller au besoin. On regarde avec la personne ce sur quoi elle a du contrôle et ce sur quoi elle n’en a pas, et ce qu’elle peut faire pour prendre soin d’elle dans ce contexte-là», a conclu Émilie Pronovost.

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