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Les premiers évacués d’Azovstal attendus à Zaporijjia

L’Ukraine espère lundi pouvoir continuer à évacuer des civils depuis Marioupol, tandis que les forces russes poursuivent leur offensive sur le Donbass et que les Européens finalisent un projet d’embargo progressif sur le pétrole russe. 

Une centaine de personnes ont déjà été évacuées ce week-end depuis l’immense aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne de ce port stratégique du sud du Donbass presqu’entièrement sous contrôle russe. Elles étaient attendues lundi à Zaporijjia, ville située à quelque 200 km au nord-ouest et toujours sous contrôle ukrainien même si la ligne de front s’en rapproche.

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Deux 4x4 blindés de l’Unicef et d’autres véhicules d’ONG internationales ainsi que des journalistes les attendaient sur un stationnement de la périphérie de Zaporijjia transformé en point d’accueil pour les réfugiés, a constaté l’AFP.

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Les évacuations, qui ont commencé samedi en coordination entre l’Ukraine, la Russie et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ont permis, pour la première fois en deux mois de siège de la ville d’évacuer «plus de 100 civils» terrés dans les caves de l’immense aciérie Azovstal, avec les derniers combattants ukrainiens, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

«Aujourd’hui, pour la première fois depuis le début de la guerre, ce couloir humanitaire vital a commencé à fonctionner. Pour la première fois, il y a eu deux jours de vrai cessez-le-feu sur ce territoire» du complexe sidérurgique, s’est-il réjoui dimanche soir.

La vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a cependant rappelé que «des centaines de civils restent bloqués à Azovstal».

Un nouveau train d’évacuation devait commencer lundi matin vers 07H00 (04H00 GMT) mais les bus n’étaient «pas encore arrivés au point de rassemblement» après 12h00, a indiqué la mairie de Marioupol sur son compte Telegram.

9 mai  

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, des milliers de civils ont quitté cette ville portuaire transformée en champ de ruines. Les Ukrainiens estiment qu’au moins 20 000 personnes y ont trouvé la mort depuis le début du siège russe début mars.

Dans le reste du Donbass, les forces russes poursuivent leur offensive, avec des combats particulièrement intenses autour d’Izioum, de Lyman et de Roubijné, dont les Russes tentent de «prendre le contrôle pour préparer leur attaque sur Severodonetsk», l’une des grandes villes du Donbass encore contrôlées par Kyïv, a indiqué lundi l’état-major ukrainien.

À l’approche du 9 mai, date où la Russie commémore en grande pompe la victoire sur l’Allemagne nazie en 1945, le gouverneur de la région de Lougansk a dit s’attendre à «une intensification des bombardements».

Mais à ceux qui pronostiquaient une action militaire particulière à l’approche du 9 mai, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a semblé envoyer une fin de non-recevoir.

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«Nos militaires n’ajusteront pas artificiellement leurs actions à une quelconque date, y compris le jour de la Victoire», a déclaré M. Lavrov dans une interview à la chaîne de télévision italienne Mediaset diffusée dimanche.

Interrogé sur les affirmations russes selon lesquelles la guerre vise à «dénazifier» l’Ukraine alors que le président Zelensky est juif, le ministre a suscité un tollé en affirmant: «Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif».

Son homologue israélien Yaïr Lapid a jugé ces propos «scandaleux, impardonnables et une horrible erreur historique», et convoqué l’ambassadeur russe pour «clarifications».

Bateaux russes détruits 

Dans le sud du pays, les Russes tentent aussi d’élargir la région qu’ils contrôlent autour de Kherson: dans cette ville côtière, seule ville ukrainienne d’importance dont Moscou ait revendiqué le contrôle total jusqu’ici, les Russes devaient introduire le rouble ce weekend, afin d’éliminer progressivement l’usage de la monnaie ukrainienne hryvnia.

Kyïv, qui a dénoncé «un acte d’annexion», accuse aussi Moscou de vouloir organiser prochainement un «référendum» visant à proclamer l’indépendance» de cette région, comme cela a été fait par les séparatistes prorusses du Donbass en 2014.

L’armée ukrainienne a affirmé par ailleurs avoir détruit avec des drones Bayraktar deux bateaux patrouilleurs russes de type Raptor près de l’île aux Serpents, en mer Noire. L’île est devenue symbole de la résistance ukrainienne depuis le début de l’invasion des forces de Moscou le 24 février.

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Ces patrouilleurs, qui peuvent transporter une vingtaine de personnes, font partie des navettes les plus rapides de la marine russe.

Nouvelles sanctions  

Les Occidentaux, qui ont accéléré leurs livraisons d’armes lourdes pour aider l’Ukraine à résister à l’offensive russe, travaillent de leur côté à durcir encore leurs sanctions économiques contre Moscou.

L’Union européenne finalise notamment un arrêt progressif de ses achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie. Les ministres de l’Énergie des 27 - dont 30% des importations de pétrole viennent de Russie - devaient se retrouver lundi après-midi à Bruxelles pour peaufiner un calendrier.

Un contrat avec le groupe russe Rosatom pour construire un réacteur nucléaire dans le nord de la Finlande a par ailleurs été annulé en raison des «risques» supplémentaires liés à l’invasion russe de l’Ukraine, a annoncé lundi le consortium à majorité finlandaise pilotant le projet.

Estimé à plus de 7,5 milliards d’euros, ce projet de réacteur de 1200 mégawatts, situé à Pyhajöki, remonte à 2010 et avait déjà souffert de nombreux retards et d’incertitudes.

Les Européens espèrent aussi plaider pour une aide à l’Ukraine avec le premier ministre indien, Narendra Modi, qui entame lundi en Allemagne une tournée de trois jours en Europe.

L’Inde cherche un équilibre difficile entre ses relations avec l’Occident et celles avec la Russie, un de ses grands fournisseurs en armes et en énergie. Elle s’est abstenue de condamner ouvertement l’invasion russe de l’Ukraine, et de se joindre aux votes en ce sens aux Nations unies.

En bientôt 10 semaines de guerre, plus de 5,4 millions d’Ukrainiens ont quitté leur pays, selon l’ONU, et plus de 7,7 millions ont quitté leur foyer, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais aucun bilan fiable n’est disponible, notamment du côté des pertes militaires: la Russie avait indiqué le 25 mars que 1 351 militaires russes étaient morts et 3825 blessés dans le conflit, bilan non actualisé depuis et sous-estimé selon les Occidentaux.

Le président Zelensky avait lui indiqué le 16 avril que entre 2500 et 3000 militaires ukrainiens avaient péri, et une dizaine de milliers avaient été blessés.

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