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La pêche à la perchaude reste interdite sur le lac Saint-Pierre

Pour une troisième fois, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a décidé de renouveler le moratoire interdisant de pêcher la perchaude sur le lac Saint-Pierre pour encore cinq ans, jeudi.

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Le moratoire s'étend sur tout le lac et aussi sur une partie du fleuve Saint-Laurent entre le pont Laviolette et Saint-Pierre-les-Becquets.

La population est encore fragile selon des études. Trop pour autoriser la pêche commerciale ou même sportive.

«On a une perte de reproduction dans les zones inondables, dont dans les champs qui sont inondés au printemps. On a une perte des herbiers aquatiques dans le lac Saint-Pierre qui servent de refuge et on a une détérioration de la qualité de l'eau», a expliqué à TVA Nouvelles le président du Comité scientifique sur la gestion de la perchaude du lac Saint-Pierre, Pierre Magnan.

C'est la troisième fois que Québec renouvelle le moratoire interdisant la prise de perchaudes sur le territoire. Le premier a été mis en place il y a 10 ans, sous les recommandations d'un groupe d'experts.

Ce renouvellement ne fait pas le bonheur des pêcheurs commerciaux, qui ont délaissé cette espèce depuis 2012. Pour certains, elle représentait 30 % de leurs revenus.

Le comité soutient qu'il n'y a pas assez de jeunes perchaudes pour assurer la relève. Sur une quarantaine de stations scientifiques expérimentales, plus de 40 % ne contiennent aucune perchaude. Toutes les autres peuvent en capturer entre une et cinq alors qu'en 1995, on pouvait en dénombrer entre 10 et 25.

«Il y a de la perchaude sur le lac Saint-Pierre. S'ils n'en voient pas, c'est parce que ce sont des incompétents. Ils font des études sur des points de GPS, ils vont toujours aux mêmes places et leurs points de GPS n'ont plus d'herbier et les perchaudes se cachent dans les herbiers. Change de place et tu vas en trouver», s'est exclamé le pêcheur commercial et président de l’Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, Roger Michaud.

Pierre Magnan est bien conscient du mécontentement des pêcheurs. Toutes les hypothèses possibles ont été observées, mais un seul constat est venu : il faut protéger les reproducteurs.

Le comité d'experts continuera de suivre de près la population de perchaude dans le lac Saint-Pierre. Si la situation le permet, les pêcheurs pourront garder leurs prises en 2027.

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