/regional/saguenay

Les camionneurs du Saguenay en ont assez

Une centaine de camionneurs ont manifesté lundi matin dans les cinq circonscriptions provinciales du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour faire comprendre au gouvernement qu'ils ne peuvent plus de supporter la hausse importante du prix du carburant.

• À lire aussi: Transport en vrac: les camionneurs manifestent lundi à travers tout le Québec

• À lire aussi: «180 piastres que je dois prendre sur mon salaire»: les camionneurs subissent la hausse des prix du carburant

Comme dans les autres régions du Québec, les camionneurs faisaient entendre lundi leur mécontentement, à coups de klaxon. L’objectif était de remettre une lettre à l'endroit des députés afin de les conscientiser à l'augmentation excessive du prix du diesel.

Les camionneurs stipulent que ce n'est plus lucratif d'exercer la profession et qu’ils doivent carrément payer pour travailler.

Ils déplorent que la mise à jour économique, qu’avait faite le gouvernement en 2019 afin de calculer les frais de fabrication d'un camion, ne corresponde plus du tout à la réalité compte tenu de l'inflation et de tous les enjeux financiers qui ont changé.

Ils adressent donc leurs revendications au gouvernement, mais aussi au ministère des Transports, qui fixe l'indexation du carburant de manière mensuelle. À cela s’ajoute le taux du carburant, qui varie actuellement entre 2,40 dollars voir 2,50 dollars le litre. Il pourrait même augmenter à 3 dollars le litre.

C’est sans compter les frais d'assurances, d'immatriculation, l'hypothèque du camion et toutes les autres dépenses fixes qu'un camionneur doit débourser pour opérer. Si les prix continuent de grimper, les camionneurs seront de plus en plus nombreux à ne plus vouloir se déplacer pour faire le travail.

Le camionneur Jean-Paul Simard trouve que les raisons pour justifier le fait que sa facture d’essence soit hors de prix ne tiennent pas la route.

«Avant, c’était la COVID. Elle avait le dos large, mais là, c’est la guerre en Ukraine. Excuse-moi, mais le pétrole vient de l’Alberta, il s’en va aux États-Unis, il est transformé et ils nous le renvoient au Canada», s’exclame M. Simard.

Impossible de continuer 

«Les coûts, d’après moi, c’est 25% à 30% d’augmentation partout. Les coûts d’achat, le coût des pièces. On ne peut plus vivre dans ce contexte-là», constate Daniel Tremblay, camionneur et directeur régional de l’Association des camionneurs en vrac du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Si leurs coups de klaxon ne résonnent pas assez fort jusqu’à l’Assemblée nationale, les camionneurs n'excluent pas la possibilité d'intervenir dans le futur lors d'activités politiques ou d'annonces publiques.

Les camionneurs suggèrent de créer une taxe spéciale sur le diesel au moins pour mettre un «plaster», comme ils disent, pour qu’ils réussissent à faire les travaux estivaux.

«Si on n’est pas entendu du moins positivement pour nous, je me doute très mal que nos camionneurs vont continuer de donner le service. Donc toutes les entreprises, tous les entrepreneurs du Québec qui ont un délai de livraison pour tous leurs chantiers, ça n’arrivera pas. Tantôt, ce ne sera pas juste nous autres qui allons revendiquer d’après moi», explique Michel Savard, président pour le transport en vrac régional au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La situation met en danger la survie des petites entreprises de transport et la capacité d'offrir le service sur les chantiers du Québec.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.