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Six choses à savoir sur l’araignée Joro

L’arrivée anticipée de l’araignée Joro au Canada fait déjà faire des cauchemars aux arachnophobes d’ici.

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En entrevue à LCN, le préposé aux renseignements entomologiques chez l’Insectarium de Montréal, André-Philippe Drapeau Picard, a démystifié l’araignée qui peut mesurer jusqu’à huit centimètres.

Ce dernier explique que la Joro a été aperçue pour la première fois en Georgie, aux États-Unis, il y a environ dix ans. Sa résistance au froid, meilleure qu’anticipée laisse présager son arrivée au Canada d’ici quelques années.

Voici donc six choses à savoir sur l’araignée Joro.

Son arrivée inévitable  

Pour M. Drapeau Picard, la venue de l’araignée Joro au nord de la frontière est une question de temps.

«Elle devrait s’installer dans le sud de l’Ontario en premier, avant d’arriver au Québec», prédit-il.

Ce dernier croit toutefois que l’arrivée de cette espèce pourrait prendre encore quelques années

Les études effectuées jusqu’ici démontrent que l’araignée Joro peut résister aux températures légèrement froides. Néanmoins, il est loin d’être certain qu’elle pourra survivre aux longs et rudes hivers québécois.

«Même si elle est capable de résister à quelques degrés sous zéro pendant un certain temps. (...) leurs œufs risquent de mourir si on a de grands froids», mentionne André-Philippe Drapeau Picard.

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Des crocs trop petits  

La question que se posent plusieurs personnes, c’est : cette araignée est-elle dangereuse pour l’être humain

Selon le préposé aux renseignements entomologiques, la Joro est plutôt inoffensive, malgré sa taille impressionnante.

«Ses crocs, avec lesquels elle mord ses proies, sont trop petits pour percer la peau humaine», explique-t-il.

«Il y a certaines araignées qui peuvent mordre les humains, mais d’habitude, elles ne le font pas. Elles ne veulent pas mordre. Elles vont seulement mordre quand elles se sentent menacées», ajoute M. Drapeau Picard.

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Le danger de la panique  

Néanmoins, les réactions des personnes effrayées peuvent être dangereuses pour elles-mêmes, clame le préposé aux renseignements entomologiques.

«De façon générale, la peur des araignées est beaucoup plus dangereuse que les araignées elles-mêmes. Il y a des gens qui ont mis le feu à leur maison en voulant se débarrasser d’araignées», illustre-t-il.

Ce dernier invite les gens à remettre les choses en perspective, car sur les quelque 40 000 espèces existantes, seulement 250 d’entre elles sont potentiellement dangereuses pour les humains; et aucune d’entre elles n’existe au Québec. 

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Nuisible pour l’écosystème?  

Quant aux risques pour l’écosystème, il est trop tôt pour savoir si l’araignée Joro pourrait représenter un danger. Les études ne sont pas assez avancées pour se prononcer, estime André-Philippe Drapeau Picard.

«C’est sûr que c’est une espèce introduite qui pourrait devenir envahissante, si elle se met à nuire aux autres araignées ou d’autres espèces qu’elle pourrait attraper dans ses toiles», avance néanmoins l’expert.

Ce dernier soutient qu’il faut continuer de suivre la situation. Par ailleurs, il mentionne que l’araignée Joro semble bien moins problématique que certaines plantes envahissantes.

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Il est déjà trop tard  

L’activité humaine demeure le principal facteur d’introduction d’une espèce dans un écosystème.

L’araignée Joro, par exemple, serait arrivée du Japon par conteneur.

Cette situation nous rappelle l’importance de rester vigilant et de faire de la prévention, soutient M. Drapeau Picard

«Une fois qu’elles sont arrivées, c’est souvent difficile de les éradiquer», affirme-t-il.

 Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec André-Philippe Drapeau Picard, préposé aux renseignements entomologiques de l’insectarium sur QUB radio :  

L’expert invite la population à partager leurs photos si elles aperçoivent une araignée Joro. Il croit également que la tuer ne représente pas une si mauvaise idée.

«C’est une espère introduite, donc je n’aurais pas de scrupules à la détruire, mais pour ce qui est des araignées en général, on peut les prendre délicatement (...) et on peut aller les déposer dehors pour qu’elles complètent leur cycle de vie», explique André-Philippe Drapeau Picard.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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