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Sur la route la plus sinueuse du Québec

Parfois asphaltée, parfois en gravier, la route 389 qui relie Baie-Comeau et Fermont sur la Côte-Nord est une des plus sinueuses du Québec, pleine de contrastes avec ses beautés et ses dangers.

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Rouler pour la première fois sur cette artère qui frôle le barrage Daniel-Johnson, puis nous fait découvrir les majestueux monts Groulx, c'est partir pour une aventure.

À certains endroits, elle est rectiligne et bien lisse.

«Les paysages, c'est à couper le souffle. Mais si on regarde le mauvais côté de la médaille, côté sécuritaire, on est 20 ans en arrière», s'exclame le camionneur Patrice Lapointe.

La route provinciale prend parfois les allures de chemin forestier.

Deux importants tronçons totalisant 169 kilomètres ne sont pas asphaltés. Ils représentent près du tiers de la longue route de 570 kilomètres. Plusieurs pentes et courbes ne sont pas conformes aux normes du ministère des Transports.

«On l'appelle la couleuvre parce qu'il y a plein de courbes, beaucoup de bosses, détérioration de la route», fait remarquer un automobiliste, Roger Robert.

Quand la chaussée est sèche, le passage de véhicules peut facilement rendre la visibilité nulle.

Quand la pluie tombe, la route se détériore si vite que des niveleuses doivent continuellement entrer à l'œuvre pour la remettre en état.

«Le dégel et l'automne. L'automne, dans les pluies, on en a pour deux mois, c'est l'enfer. Quand c'est trempé, c'est coulant, on a de la misère à se tenir sur le chemin», explique le remorqueur de Fermont, Richard Boucher.

La situation est particulièrement difficile à l’approche de Fermont quand la route traverse carrément le site de la mine d'ArcelorMittal où les voitures, les véhicules miniers et les trains se côtoient.

Il faut traverser pas moins de 11 passages à niveau sur une distance d’à peine 52 kilomètres.

La durée du trajet de 67 kilomètres entre Fermont et FireLake, d'environ une heure en temps normal, peut facilement tripler quand les conditions sont difficiles.

«Oh oui, c'est «rough» sur le corps. Des barrages de dos, j'en poigne pas mal, à ce point-là. Les camionneurs, les gros routiers, la dernière fois je suis monté, le chemin était tellement magané que les gars roulaient à dix kilomètres à l'heure» raconte le livreur Claude Couturier.

Difficile d'accès 

La route 389 n'est pas particulièrement meurtrière, mais les délais d'intervention des ambulanciers se comptent généralement en heures. Une seule caserne se trouve le long de la route.

«S'il y a un accident au kilomètre 300 et qu'ici, on n’est pas là, qu'on est découvert, qu'il manque un travailleur et que l'ambulance est fermée, c'est Baie-Comeau qui doit monter. Baie-Comeau, ça va leur prendre en moyenne trois heures. Pis après ça, c'est de le descendre» résume l'ambulancier Luc-David Harvey.

De plus, obtenir de l'aide n'est pas facile. Il existe certes 12 téléphones d'urgence aux abords de la route, mais les ondes cellulaires sont totalement absentes.

Les télécommunications et les délais d'intervention représenteront toujours un défi sur cette route, mais des améliorations importantes y sont actuellement apportées grâce à des investissements de 525 millions $. Deux projets majeurs sont en cours. Celui en cours au nord de Baie-Comeau qui sera terminé d'ici la fin de l'année et celui au sud de Fermont. Dans ce cas, un nouveau tracé de 43 kilomètres sera complété au cours des quatre prochaines années.

Toutefois, ce projet ne prévoit aucun asphaltage.

«En espérant que d'ici les quatre prochaines années, ils vont nous annoncer qu'elle sera asphaltée parce que pour le moment, ils réparent la route, mais c'est en gravier, encore», observe le maire de Fermont, Martin Saint-Laurent.

Il espère l'asphaltage de toute la route 389, non seulement pour une raison de sécurité et de confort, mais aussi pour une question de développement économique dans une région en pleine effervescence.

«Avec les redevances et avec le PIB que peuvent représenter les deux minières que j'ai dans ma région, je pense qu’il y a moyen de trouver de l'argent pour venir réinvestir dans notre région», explique-t-il.

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