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Annuler la prière au Parlement n’est pas une «priorité» pour Ottawa

L’idée du Bloc québécois de mettre un terme à la prière quotidienne au début des travaux du Parlement ne fait pas l’unanimité à Ottawa, les autres partis remettant en question la pertinence de cette question sur l’échelle des priorités du gouvernement.

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À l’entrée de la rencontre du cabinet mardi matin, les libéraux, évitant de prendre position, s’étaient entendus pour dire qu’il ne s’agissait pas d’une «priorité» pour les Canadiens. Certains se sont dits ouverts au débat.

«Quand je parle aux gens dans mon comté de Papineau, quand je parle aux Québécois, quand je parle aux gens à travers le pays, ils me parlent du coût de la vie, ils me parlent des enjeux au niveau de la guerre en Ukraine, ils parlent de l'inflation, ils parlent des changements climatiques», a lancé Justin Trudeau.

«C'est une tradition qui existe depuis très longtemps, puis on est ouvert. On va écouter tous les points de vue», a fait savoir le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Selon Mark Holland, leader parlementaire du gouvernement, la prière est «une reconnaissance d'un Dieu, qui n'est pas un Dieu chrétien», donc un Dieu «non confessionnel».

«C'est un moment de réflexion tranquille qui se produit pour chaque membre du Parlement. Ils devraient avoir leur mot à dire sur la forme que prend ce moment.»

Un débat sur les règlements de la Chambre est prévu en juin. Il s’agit d’une occasion plus appropriée pour se prononcer sur la question, selon M. Holland.

Chaque matin, le président de la Chambre des communes prononce une prière à saveur judéo-chrétienne d’environ deux minutes lors desquelles les élus sont appelés à se tenir debout et rester en silence.

Le Québec a mis un terme à la prière quotidienne en Chambre dès 1976. Celle-ci a été remplacée par un «moment de réflexion».

Une reconnaissance territoriale pour le NPD 

Quelques élus du NPD ont signalé mardi qu’ils pourraient être enclins à appuyer la proposition du Bloc.

L’idée d’une reconnaissance territoriale autochtone, déjà monnaie courante au gouvernement fédéral, pourrait occuper le temps qui est aujourd’hui alloué à la prière, jugent plusieurs élus du parti.

Daniel Blaikie, député néodémocrate du Manitoba, a affirmé en matinée que de «réviser la cérémonie d’ouverture est un exercice qui en vaudrait la peine». Il n’a pas dit s’il appuierait la motion du Bloc, mais a souligné qu’une reconnaissance territoriale serait de mise.

Plus tard en journée, Leah Gazan, députée manitobaine à l’héritage autochtone, a abondé dans le même sens, sans toutefois se commettre.

Le député québécois du NPD, Alexandre Boulerice, a d’ores et déjà affirmé à l’Agence QMI qu’il appuierait la motion du Bloc, tout en déplorant que le Bloc propose cette motion à ce moment-ci de la session parlementaire.

Libellé prière  

« Dieu tout-puissant, nous te remercions des nombreuses grâces que tu as accordées au Canada et à ses citoyens, dont la liberté, les possibilités d’épanouissement et la paix. Nous te prions pour notre Souveraine, la Reine Elizabeth, et le (la) Gouverneur(e) général(e). Guide-nous dans nos délibérations à titre de députés et aide-nous à bien prendre conscience de nos devoirs et responsabilités. Accorde-nous la sagesse, les connaissances et la compréhension qui nous permettront de préserver les faveurs dont jouit notre pays afin que tous puissent en profiter, ainsi que de faire de bonnes lois et prendre de sages décisions. Amen.»

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