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La prière avant les sessions parlementaires dans la mire du Bloc

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Andre Forget/QMI Agency

Les élus de la Chambre des communes se prononceront mercredi sur une motion du Bloc québécois voulant mettre un terme à la prière catholique qui entame tous les matins les travaux de la Chambre des communes.

«Il est clair qu’il existe davantage de non-croyants aujourd’hui qu’il en existait il y a dix, vingt ou cinquante ans, et que les traditions de la Chambre des communes peuvent à l’occasion, être dépoussiérées», explique Martin Champoux, porte-parole bloquiste en matière de Laïcité.

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La prière d’une minute, qui débute par «Dieu tout-puissant» et se termine par «Amen», est lue par le président de la Chambre. Les députés doivent se tenir debout et maintenir un moment de silence pendant et après sa lecture.

Le Bloc propose aux députés fédéraux de la remplacer par un «moment de réflexion» personnel, plus apte à représenter la «diversité des croyances».

«On souhaite maintenir ça, comme habitude, mais si on le fait, il faut qu’on le fasse aussi en respect des croyances et des non-croyances de chacun, non seulement par les parlementaires, mais aussi par la population qui doit se reconnaître dans les travaux de la Chambre», explique M. Champoux.

Le cas saguenéen  

Ce n’est pas la première fois que la prière d’ouverture au Parlement est remise en question.

En 2015, la Cour suprême avait tranché en faveur du Mouvement laïque québécois (MLQ) dans sa bataille contre le maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui débutait les séances du conseil municipal avec une prière.

«C’est une pratique discriminatoire à l’égard de tous ceux qui ne partagent pas des convictions religieuses qui sont représentées par ces prières-là», a déclaré en entrevue Me Luc Alarie, qui représentait le MLQ.

«Pour moi, comme pour beaucoup d'autres, c'est un moment de réflexion solennel», commentait Justin Trudeau dans la foulée du jugement de 2015, alors qu'il était dans l'opposition.

Si la décision était bonne pour une municipalité, pourquoi pas pour la plus grande assemblée au pays?

Les procédures d’assemblée, soit au Parlement canadien ou à l’Assemblée nationale, ne sont pas du ressort des tribunaux en raison de la séparation des pouvoirs, explique Me Alarie. La décision revient donc aux élus de ces assemblées.

Les députés québécois ont choisi de transformer la prière en moment de réflexion dès 1976, après l’arrivée au pouvoir de René Lévesque.

La Colombie-Britannique a fait le changement en 2019. Les élus de la Nouvelle-Écosse ont emboîté le pas au mois d’octobre 2021.

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