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Setlakwe ou le non-renouvellement du PLQ

On savait que le virage nationaliste de Dominique Anglade était terminé, mais la candidate qu'elle a présentée hier dans Mont-Royal-Outremont, Michelle Setlakwe, pour remplacer Pierre Arcand, incarne de manière quasi caricaturale un retour au passé libéral Johnson-Charest-Couillard.

Les départs de vétérans comme Arcand devaient être une promesse de renouveau, non?

Ancienne avocate du grand bureau d'affaires Norton Rose, Mme Setlakwe a choisi de lancer sa carrière en pestant contre «les sujets à saveur nationaliste, identitaire, qui nous divisent».

Division

Quel argument faible et trompeur que celui contre la «division» !

Proposer une politique, même appréciée d'une majorité, décevra toujours un autre groupe, qui aura le droit de manifester son opposition.

Gouverner, c'est diviser. La démocratie, c'est la division organisée. Surtout à l'époque des démocraties d'opinion polarisées par les médias dits «sociaux» hyperréactifs.

Même en faisant la promotion d'un geste aussi scientifiquement démontré que le vaccin, on peut être accusé de «diviser»! Parlez-en à nos premiers ministres Trudeau et Legault.

Autres exemples: le gouvernement conservateur de Stephen Harper, dont Michael Fortier, conjoint de Mme Setlakwe, a fait partie (sans être élu, il était sénateur), n'a-t-il fait qu'«unir»? Ses politiques pétrolières; sa célébration de la mémoire de John A. Macdonald, etc.?

Le gouvernement Charest, auquel Margaret Delisle, sœur de M. Fortier, a appartenu, a-t-il toujours «uni»?

Pensons aux référendums sur les défusions de 2004... Lesquels ont permis à Ville Mont-Royal -où Mme Setlakwe fut conseillère municipale- de se séparer de la grande ville de Montréal. Donc de «diviser» la métropole. Et ce, sur des lignes linguistiques en majeure partie.

Aussi, Mme Setlakwe, en s'attaquant à la loi sur la laïcité de l'État (ce qui est légitime), décevra les Québécoises et les Québécois. Évidemment. Les caquistes pourraient accuser la nouvelle politicienne de «diviser».

Mais qui «divisent» au juste? Qui devrait abandonner ses convictions pour se fondre dans une sorte de consensus?

Retour

On pourrait dire que le PLQ d'Anglade a essayé la chose, en matière de langue française! Ce sont Hélène David et David Birnbaum qui proposèrent avec enthousiasme l'amendement au projet de loi 96 afin que tous les cégépiens des collèges anglophones réussissent trois cours en français.

Cela créa une commotion dans les clientèles libérales traditionnelles. Suivie d'une désaffection marquée à l'égard du PLQ d'Anglade (qui se dépêcha à faire marche arrière).

Curieusement, Mme Setlakwe nia l'existence de cet exode hier... pour sommer plus tard les militants rouges à «revenir au bercail».

Pour le PLQ et sa candidate, le pl 96 va «trop loin». L'avocate a beau faire une profession de foi en un Québec où l'on peut devenir «fluent in as many languages you want», lorsqu'il s'agit d'aider anglophones et allophones à mieux maîtriser la langue officielle du Québec, c'est évidemment «excessif».

Retour, là aussi, au PLQ d'avant. Celui où Christine St-Pierre, comme elle le raconte dans ses mémoires, se fit dire «non» au conseil des ministres de Jean Charest, lorsqu'elle proposa un resserrement de la loi 101.

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