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Constats accablants au CISSS de la Gaspésie

Un rapport accablant a été déposé mercredi par la Vérificatrice générale du Québec sur la gestion et la gouvernance du CISSS de la Gaspésie.

Guylaine Leclerc fait cinq grands constats dans son rapport soumis à l’Assemblée nationale: manque de rigueur dans l’embauche et la gestion inadéquate des contrats de service; des enjeux de climat de travail; renseignements personnels mal protégés; et manque de respect des règles de gouvernance.

Il y a un peu plus d’un an, «Le Journal de Québec» s’était penché sur la situation au CISSS de la Gaspésie, rapportant que des allégations de favoritisme éclaboussaient sa présidente-directrice générale.

La Vérificatrice dit avoir observé que la gestion du CISSS est problématique, notamment au niveau des cadres.

«Il y avait des cadres pour lesquels ils avaient des exigences et n’étaient pas demandés en entrevue. Et ceux qui ne répondaient pas aux exigences étaient demandés en entrevue. On a même identifié des cas où on ciblait en apparence très fortement une personne», a commenté Mme Leclerc en conférence de presse.

Questionnée à ce sujet, la présidente-directrice générale du CISSS, Chantal Duguay, a affirmé qu’«on est en train d’y travailler». «Ça ne va pas influencer les décisions, mais ça va être plus documenté. Ça va diminuer toutes les perceptions de tous genres autour des embauches», en référence aux manquements au chapitre de l’embauche soulevés par la Vérificatrice générale.

Selon Mme Duguay, la problématique est due au fait que les dossiers de candidature étaient mal documentés.

Chantal Duguay, dont le départ est réclamé, devait quitter son poste le 31 mars dernier pour une retraite, mais elle restera à la direction du CISSS jusqu’à ce que son ou sa successeur(e) soit désigné(e).

«Je quitte sereinement. Ce sont des lacunes qui sont en processus d’amélioration», estime Mme Duguay.

Des réactions

Dans la foulée de ce rapport, le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec réclame des changements majeurs.

Son président, Pier-Luc Bujold, est satisfait du rapport qui relate selon lui ce qui était dénoncé depuis des années sur le terrain.

«On demande au conseil d’administration de faire un bon examen de conscience parce qu’il y a des choses très inquiétantes qui ont été relevées au niveau de la gouvernance», a commenté le syndicaliste.

Les députés gaspésiens Sylvain Roy et Méganne Perry Mélançon réclament pour leur part une tutelle.

«Le départ de Mme Duguay ne changera pas la philosophie de gestion», avance M. Roy, qui représente la circonscription de Bonaventure comme indépendant.

«Il faut qu’il y ait une transition harmonieuse. Il faut qu’on s’assure que l’institution aille sur la bonne voie. C’est dans cette optique qu’on demande la mise sous tutelle», souligne de son côté la députée péquiste de Gaspé.

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