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Des parents «terrifiés» par la pénurie de lait pour bébé

Powder milk for baby and blue spoon on light background close-up. Baby Milk Formula and Baby Bottles

Dragana Gordic - stock.adobe.com

«Terrifiant», «frustrant». C'est une situation de stress inimaginable pour de nombreux parents américains: les États-Unis, mais aussi le Canada, connaissent une situation de pénurie très rare de lait pour bébé. En cause les problèmes d'approvisionnement accentués par la fermeture d'une usine du fabricant Abbott.

Cela fait des mois que cela dure, raconte Sara Khan, maman de trois enfants âgés de 10 ans, 7 ans et 6 mois.

«Dès la naissance de mon bébé, j'ai remarqué qu'il y avait un problème et il aura 7 mois la semaine prochaine», confie-t-elle à l'AFP. 

Elle décrit alors son parcours du combattant pour trouver quelques boîtes de lait en poudre, sa détresse face aux étagères vides des pharmacies CVS et Walgreens ou des supermarchés Target, que ce soit à Washington ou dans ses environs.

Elle a tenu grâce à ses amis et sa famille, qui lui ont envoyé des boîtes de lait par la poste chaque fois qu'ils en trouvaient une, depuis Boston, New York ou Baltimore.

«C'est absurde», poursuit-elle, en repensant au moment où elle a même importé du lait d'Allemagne.

La situation s'est vraiment dégradée quand, le 17 février, après le décès de deux bébés, le fabricant Abbott a annoncé le «rappel volontaire» dans son usine du Michigan de laits en poudre, dont Similac, utilisés par des millions de familles nord-américaines.

L'enquête a dédouané le lait en poudre, mais la production n'a toujours pas repris, aggravant la pénurie qui était déjà provoquée par les problèmes de la chaîne d'approvisionnement et le manque de main-d'œuvre.

Selon le fournisseur de données Datasembly, le taux de rupture de stock de préparations de lait pour nourrissons a atteint 43% à la fin de la semaine dernière, en hausse de 10% par rapport à la moyenne d'avril.

Peu d'alternatives

«C'est très frustrant, car ce n'est pas comme si le problème était survenu du jour au lendemain», s'indigne Olivia Espinosa. 

À San Diego, en Californie, Olivia Espinosa et Steve Hohman sont parents de deux enfants dont Maya, trois semaines, intolérante au lactose.

«Nous n'avons eu guère d'autres choix que de nous tourner vers un lait fabriqué à base de plantes», faute d'alternative, dit-il.

Habituellement, hôpitaux et pédiatres fournissent aux parents de nombreux échantillons pour trouver celui qui convient le mieux au bébé. 

Mais rares sont ceux qui en ont encore en stock.

Le papa souligne combien il est frustrant que sa fille ne puisse pas essayer d'autres laits qui seraient sans doute plus nourrissants.

Cette pénurie «est extrêmement frustrante, en particulier quand on a un nourrisson qui a des besoins très spécifiques», poursuit sa femme, qui confie avoir des difficultés à allaiter et à produire du lait en quantité suffisante.

Même pour les enfants qui n'ont pas de sensibilité particulière, c'est difficile, ajoute Sara Khan. 

Tournure politique

«Ce n'est pas si simple» de changer de lait, dit-elle. Il faut que le bébé aime le goût du nouveau lait et que celui-ci ne provoque pas d'autres problèmes comme la constipation.

Et outre les problèmes d'approvisionnement, les parents déplorent les coûts alors que les vendeurs en ligne ont doublé voire triplé leurs prix.

«Nous savons que de nombreux consommateurs n'ont pas pu accéder aux préparations pour nourrissons et aux aliments médicaux essentiels qu'ils ont pour habitude d'utiliser», a déclaré Robert Califf, de l'agence américaine du médicament (FDA) dans un communiqué, mardi soir. 

«Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer qu'il y ait un produit adéquat disponible où et quand ils en ont besoin», a-t-il dit.

Mercredi, Abbott a dit «regretter profondément la situation». «Depuis le rappel, nous nous efforçons d'augmenter l'approvisionnement de nos autres installations enregistrées auprès de la FDA, notamment en faisant venir du Similac depuis notre site de Cootehill, en Irlande, par avion et en produisant plus de Similac liquide et d'Alimentum», a assuré le groupe.

Le dossier prend désormais une tournure politique.

«J'exige une action de la FDA (dirigée par l'administration) Biden pour faire face à cette crise», a lancé la républicaine Elise Stefanik sur Twitter.

Plus à droite encore, Marjorie Taylor Green s'est offusquée sur Twitter que «le Congrès veuille envoyer près de 40 milliards de dollars à l'Ukraine pendant que les mamans américaines ne trouvent pas de lait de bébé».

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a, elle, assuré en début de semaine sur CNN que l'administration Biden travaillait «jour et nuit» pour trouver des solutions.

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