/news/society

Les villages de la Mauricie et du Centre-du-Québec manquent d'espace

Plusieurs municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec manquent d'espace pour se développer. Les élus municipaux demandent au gouvernement d’être plus flexible pour gérer la demande.

«Il n'y a plus d'endroit pour nos jeunes. Si on veut les garder, il faudrait modifier nos périmètres urbains», a expliqué à TVA Mario Lyonnais, le préfet de la MRC de Bécancour.

De plus en plus de voix s'élèvent contre le projet de loi 103 qui traite du développement régional. Il faut savoir que les villes et villages n’ont pas le pouvoir de déterminer si une construction peut se faire en zone agricole.

En décembre dernier, le gouvernement a modifié la procédure pour présenter une demande d’exclusion d’un territoire à la zone agricole. «Avant, comme municipalité, on pouvait faire une demande. Maintenant, on ne peut plus le faire. C'est la MRC qui doit le faire. Ça prend plus de temps», a mentionné le préfet de la MRC de Maskinongé, Jean-Yves St-Arnaud.

Ce à quoi le ministre de l'Agriculture des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne, responsable des changements à la loi, explique qu'il s'agit d'une «question de cohérence» puisque les schémas d'aménagement et les plans de développement des zones agricoles sont de la responsabilité des MRC. «C'était donc logique que ce soit eux qui déposent les demandes», a rappellé le ministre.

Le manque de terrains aura un impact sur les finances des municipalités. «Ça nous prend de l'argent de plus. Si on ne réussit pas à avoir de nouvelles résidences, qui paiera? Ce sont les résidents qui sont là qui devront assumer la facture», a précisé monsieur Lyonnais.

L'impossibilité de construire a aussi un impact sur la pénurie de logements. «Si vous saviez le nombre de demandes que j'ai sur mon bureau. Des gens de partout appellent. Ils viennent travailler chez nous, mais on n'a pas de place pour les loger», a affirmé le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

Les difficultés qu'ont les municipalités entraînent des répercussions jusque dans le parc industriel de Louiseville qui prévoit une phase 2. Un important investisseur est intéressé à construire une usine, mais il aura besoin d'un grand terrain. La ville ne peut rien lui garantir puisque le dossier n'est pas réglé avec la Commission de protection des terres agricoles du Québec (CPTAQ).

«Le projet n'est pas encore accepté à la CPTAQ. C'est prévu depuis vingt ans qu'on aura deux phases à notre parc industriel. Le gouvernement le savait, mais en ce moment la phase deux est bloquée. On doit construire tous les terrains disponibles, mais ils ne sont pas assez grands, donc on échappe des projets», s'est insurgé le maire Deshaies.

André Lamontagne défend les changements adoptés en décembre dernier. Il précise que l'organisme qui responsable d'assurer la protection des terres agricoles aura une meilleure conscience de la réalité rurale.

«Ce qu'on a fait, c'est obliger la CPTAQ à tenir compte des particularités régionales. Avant, c'était aléatoire. Les municipalités qui font des demandes pour exclusion pourront faire valoir tous les motifs de leur demande. Les demandes seront étudiées et la Commission verra ce qu'elle peut faire pour les accommoder dans un contexte de développement économique», a dit le ministre Lamontagne.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.