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Procès du tueur de l’Halloween: Quel expert croire?

À l’étape des plaidoiries au procès de l’assaillant de l’Halloween, la défense a tenté de s’en prendre à l’expert de la Couronne, le psychiatre Sylvain Faucher, dont les conclusions étaient biaisées selon Me Pierre Gagnon. 

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Ayant présenté une preuve pour tenter de démontrer la non-responsabilité criminelle de Carl Girouard pour cause de troubles mentaux, c’est l’avocat de la défense qui a débuté ses plaidoiries mercredi avant-midi. D’entrée de jeu, Me Gagnon a mis l’accent sur les qualités de son expert, Dr Gilles Chamberland qui a selon lui une plus grande crédibilité que le Dr Faucher de la Couronne.  

Selon Me Gagnon, Le Dr Faucher était «en représentation» lorsqu’il s’est présenté devant le jury. «Il fallait qu’il ait une réponse à tout», a lancé l’avocat. Selon lui le Dr Faucher était en «mission» ou en «duel avec l’avocat». 

Biais   

Me Gagnon a notamment évoqué le fait que le Dr Faucher avait lui-même proposé l’expertise du neuropsychologue William Pothier dont le rapport lui est parvenu avant de rencontrer l’accusé. Selon les conclusions du neuropsychologue qui a fait passer des tests à Carl Girouard, ce dernier ne présente pas d’élément psychotique dans son mode de pensée.  

«Ça ne peut qu’entrainer un biais», a suggéré l’avocat. D’autant plus que les conclusions de ces deux experts ne concordent pas avec ce que le DSM-5, le livre de référence en matière de psychologie, établit comme critère pour valider le trouble de la personnalité narcissique.  

«La méthode alternative» proposée par les deux experts de la Couronne pour conclure à un trouble narcissique plutôt qu’à un délire psychotique «est encore sous investigation, n’est pas encore reconnue officiellement par le DSM-5», a poursuivi Me Gagnon.    

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Délire   

L‘hypothèse soulevée par son expert, le Dr Gilles Chamberland devrait donc être privilégié selon la défense. Selon cet expert, Girouard souffre d’un trouble du spectre de l’autisme qui a permis l’arrivée d’une schizophrénie chez l’accusé au passage à l’âge adulte.  

L’accusé était donc en plein délire psychotique au moment des faits. «C’est quand le délire a été assez fort, puissant, que s’est matérialisé les événements du 31 octobre 2020», a plaidé l’avocat.  

Le procureur Me François Godin fera sa plaidoirie cet après-midi.

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