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Chemin Roxham: Trudeau refuse de barrer le chemin, Québec «déçu»

Alors que le ministre de l’Immigration Jean Boulet se dit «déçu» qu’Ottawa refuse de fermer le chemin Roxham, le premier ministre Justin Trudeau a reconnu jeudi que le Québec a «un poids et des responsabilités additionnelles», mais affirme que le fédéral est prêt à mettre l’épaule à la roue en épongeant une partie des coûts excédentaires du système.

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Rappelons que mercredi, François Legault a interpellé directement Justin Trudeau en lui demandant de refermer le chemin Roxham (rouvert en novembre dernier), où au rythme actuel, une quantité record de plus de 35 000 passages irréguliers est appréhendée cette année.

«[...] Si on fermait le chemin Roxham, les gens passeraient ailleurs. On a une frontière énorme qu’on ne va pas commencer à armer ou à mettre des clôtures dessus», a fait savoir M. Trudeau en point de presse.

En permettant aux migrants irréguliers de traverser la frontière à Lacolle, «on peut au moins les contrôler, on peut au moins faire des vérifications de sécurité, on peut au moins s’assurer qu’ils ne soient pas perdus et illégaux à l’intérieur du Canada», a poursuivi le premier ministre.

Joël Lemay / Agence QMI

Il s’agit pour lui d’une «position basée sur la compassion».

«Je comprends que ça préoccupe bien des gens et ça amène à une certaine polémique pour certains partis politiques, mais la réalité c’est que nous sommes un pays où on suit des règles, où des gens qui arrivent ici, qui font des déclarations de demandeurs d’asile, doivent avoir le droit d’avoir une analyse de leur dossier.»

Rejoint par courriel, le ministère fédéral de l’Immigration affirme que 374 millions $ ont été accordés au Québec entre 2017 et 2020 «en vue d’atténuer les pressions liées à l’hébergement des demandeurs d’asile». Ce montant représente plus de la moitié de l’enveloppe de 534,5 millions $ dédiée à ce problème à l’échelle du pays.

«Le Québec demeure un important partenaire, et nous reconnaissons tout le travail de la province pour soutenir les demandeurs d’asile», fait-on savoir.

Les discussions avec les États-Unis pour réformer l’Entente sur les tiers pays sûrs, signée en 2004, piétinent depuis déjà plusieurs années.

M. Trudeau a assuré qu’elles allaient bon train et que le Canada vise une «modernisation» de l’accord.

«On sait que ce n’est pas tout à fait idéal d’avoir des gens qui rentrent au Canada de façon irrégulière. Idéalement, on pourrait assurer que les gens qui viennent au Canada le font par nos postes frontaliers officiels, qui ont la capacité de gérer ces dossiers de la bonne façon», a dit Justin Trudeau.

Le chemin Roxham est devenu une véritable «passoire», a dénoncé un peu plus tôt M. Boulet, en répétant que la capacité d’accueil et d’hébergement du Québec est dépassée.

M. Boulet, qui maintient sa demande de fermer le chemin Roxham, a jugé insatisfaisante la réponse offerte hier par le premier ministre Trudeau.

«Déçu? Oui, et quand on réfère à la rigueur du système d’immigration au Canada, je regrette: ce n’est pas ce que nous constatons sur le terrain», a réagi le ministre.

«Les délais de traitement, tant des permis de travail que des demandeurs d’asile à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié [jusqu’à 14 mois], selon moi, ce sont des délais qui ne sont pas acceptables», a réitéré M. Boulet.

Questionné sur le sujet mercredi, Justin Trudeau a affirmé que le Canada a «un système rigoureux qui va continuer de faire son travail».

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