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Le juge commence à donner ses directives au procès du tueur de l’Halloween

Alors que les avocats des deux parties ont longuement discouru sur la crédibilité de leurs psychiatres respectifs pendant leurs plaidoiries, le juge Richard Grenier a pris le temps d’aiguiller les jurés dans ses directives pour qu’ils puissent bien évaluer les témoignages d’experts au cœur du débat du procès du tueur de l’Halloween. 

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La dernière étape avant que le jury ne soit isolé pour décider d’un verdict dans le dossier Carl Girouard a débuté jeudi matin. Voulant permettre aux membres du jury de profiter du beau temps attendu dans les prochains jours, le juge Richard Grenier n’a présenté qu’une partie de ses directives afin de les conclure lundi, moment où les délibérations devront débuter.  

Le magistrat a notamment rappelé qu’il n’y avait «pas de place à un acquittement» dans ce dossier, puisque l’accusé a admis avoir causé la mort de François Duchesne, 56 ans, et de Suzanne Clermont, 61 ans, en plus de blesser cinq autres personnes. Le processus par lequel le jury devra passer pour en arriver soit à un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, soit à un verdict de meurtre – 1er degré, 2e degré ou homicide involontaire – n’a pas encore été expliqué en détail.  

Témoignages d’experts

La qualité des témoignages des trois experts, deux de la Couronne et un de la défense, sera certainement au cœur des débats des jurés, et le juge leur a donné quelques pistes pour les évaluer. «Le témoin semble-t-il impartial ou neutre? Semble-t-il complaisant ou biaisé et enclin à favoriser la partie qui l’a fait comparaître?» a expliqué le juge.  

Un désaccord important existe entre les conclusions du psychiatre de la défense, le Dr Gilles Chamberland, et celles du Dr Sylvain Faucher, présenté par la Couronne. Selon le Dr Chamberland, Carl Girouard souffrait de schizophrénie et, en plein délire psychotique au moment du drame, ne pouvait distinguer le bien du mal. À l’inverse, le Dr Faucher conclut que le fantasme malveillant de l’accusé était une quête narcissique mûrement réfléchie contre une société qui ne reconnaissait pas sa différence. 

Il convient de se demander si l'expert affirme «sa conclusion de façon hésitante ou sans équivoque. Sa conclusion est-elle probable, simplement probable ou relève-t-elle de l’imagination?» a illustré le juge en rappelant que c’est au jury d’apprécier les témoignages. «Il est rare qu’un expert puisse se prononcer avec une certitude absolue», a-t-il poursuivi.  

L'énoncé de la première partie des directives s'est terminé par une erreur dans la narration du juge sur la théorie de cause que lui avaient fournie les deux parties. «J’ai 74 ans, je ne suis pas très bon en informatique», s’est excusé Richard Grenier. Il a ensuite repris son exposé des deux théories de cause du début, avant de donner congé au jury jusqu’à lundi.   

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