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COVID-19 en Corée du Nord: que savons nous du système de santé?

La Corée du Nord a confirmé vendredi son premier décès dû à la COVID-19, déclarant que la «fièvre» se propageait de manière «explosive» dans tout le pays. Mais avec l’un des pires systèmes de santé au monde et une population non vaccinée, Pyongyang pourrait être en difficulté face à l’épidémie, selon des experts.  

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Voici ce que nous savons :   

Quel système de soins ?

Quel système de soins ? Le système de santé est officiellement l’un des pires au monde, classé 193e sur 195 pays, selon une enquête de l’université Johns Hopkins en 2021. 

Selon les autorités, les soins de santé sont gratuits pour tous, mais les ONG affirment que la population doit depuis longtemps payer les services médicaux essentiels, généralement en cigarettes ou en alcool. 

Les familles des patients doivent acheter des médicaments au marché noir, et les médecins sont contraints de pratiquer des soins clandestins pour gagner leur vie, note Sokeel Park de l’organisme Liberty in North Korea.

«Les revenus des médecins ne sont certainement pas bas selon les normes nord-coréennes, mais même avec cela, il est difficile d’acheter un kilo de riz», déclare à l’AFP le chercheur Choi Jung-hun.

Il n’y a pas d’hôpitaux équipés d’unités de soins intensifs dans les zones rurales ou les petites villes, où vit la majorité des 25 millions d’habitants du pays, ajoute ce transfuge qui a travaillé comme médecin au Nord.

La population est-elle en bonne santé ?

On sait très peu de choses sur la santé de la population, mais l’Organisation mondiale de la santé a déclaré en 2018 que les maladies non transmissibles comme le diabète sont responsables de 84 % des décès en Corée du Nord. 

Ahn Chan-il, un transfuge devenu chercheur, a déclaré que la mauvaise santé, en particulier la malnutrition généralisée, rendait la Corée du Nord particulièrement vulnérable à la COVID-19. 

Les médias d’État ont déclaré l’année dernière que le pays était confronté à une «crise alimentaire», un expert des Nations unies ayant averti que les populations vulnérables risquaient de mourir de faim. 

«La plupart des Nord-Coréens souffrent de malnutrition chronique», a déclaré Lina Yoon, chercheuse pour Human Rights Watch. 

Après deux ans de blocus aux frontières, «il n’y a presque plus de médicaments», a-t-elle ajouté. 

Sont-ils préparés ?

La Corée du Nord a fermé ses frontières il y a deux ans, interrompant les échanges commerciaux, suspendant les vols entrants et donnant l’ordre de tirer sur toute personne traversant illégalement la frontière depuis la Chine. 

Pyongyang affirme que ces mesures draconiennes ont permis de tenir le virus à distance, mais n’en a pas profité pour vacciner sa population. 

L’année dernière, le pays a rejeté une offre de trois millions de doses de vaccin chinois, suggérant qu’elles soient données aux «pays qui en ont le plus besoin». 

Il a également refusé le vaccin AstraZeneca proposé dans le cadre du programme Covax de l’OMS. Selon l’OMS, la Corée du Nord et l’Érythrée sont les seuls pays à ne pas avoir lancé de campagne de vaccination. 

Quels équipements ?

Les médias d’État ont déclaré cette semaine que la Corée du Nord avait utilisé une «analyse des gènes» pour diagnostiquer les patients atteints de la COVID, mais les experts affirment que les capacités de tests du pays sont extrêmement limitées.

Selon les chercheurs, le pays ne dispose pas non plus de centres de quarantaine équipés de systèmes de pression atmosphérique négative ni de systèmes de stockage réfrigérés nécessaires à la distribution de vaccins à ARNm. 

Le système de santé défaillant de la Corée du Nord aurait probablement du mal à aider les personnes souffrant d’effets secondaires des vaccins, ce qui pourrait expliquer le rejet des dons de vaccins, selon les experts. 

On pense que la malnutrition affecte la qualité de la réponse immunitaire d’un individu à la vaccination — ce qui signifie que le pays pourrait également avoir besoin d’une aide alimentaire importante pour réussir sa campagne d’inoculation. 

Le monde peut-il aider ?

La Chine, la Corée du Sud et l’OMS ont immédiatement offert leur soutien, le nouveau gouvernement de Séoul s’étant dit prêt à envoyer des vaccins. 

Mais le régime de Kim Jong Un, qui a procédé au tir d’essai de trois missiles balistiques interdits quelques heures après l’annonce des premiers cas de COVID, ne semble pas vouloir de l’aide internationale.

Pourtant, les experts estiment qu’ils n’auront peut-être bientôt plus le choix. 

En annonçant publiquement faire face à une épidémie massive dans des médias anglophones, le régime envoie un «message indirect selon lequel le Nord pourrait demander une aide en matière de vaccins aux États-Unis ou à des organisations internationales à l’avenir», a déclaré Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes. 

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