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La bibliothèque de l’Assemblée nationale, un trésor à découvrir

La bibliothèque de l’Assemblée nationale a été fondée en 1802 et est la bibliothèque la plus ancienne du Canada, et la quatrième plus ancienne de l’Amérique du Nord. 

L’équipe de TVA Nouvelles a obtenu un accès privilégié à cette institution unique et importante pour la province. 

La mission première de la bibliothèque est de desservir en documentation les députés et le personnel politique. 

Une histoire unique  

Il faut dire que l’histoire de la bibliothèque n’est pas de tout repos. 

Lors de l’insurrection des Patriotes en 1837-1838, la collection de la bibliothèque s’est retrouvée en Ontario au parlement de Kingston. Elle s’est ensuite retrouvée à Montréal pendant 10 ans, de 1844 à 1854, avant de revenir à Québec en 1867. 

Deux incendies ont aussi menacé l’institution, et l’ont d’ailleurs presque réduite à néant. 

«Ils ont construit cet édifice-ci entre 1910 et 1915, la bibliothèque est dans cet espace depuis plus de 100 ans», explique Martin Pelletier, bibliothécaire à la bibliothèque de l’Assemblée nationale. 

La bibliothèque détient un à deux exemplaires de tous les rapports publiés par les ministères et organismes depuis 1867. Il s’agit donc d’une collection très importante de plus de deux millions de documents, contenant aussi des journaux, des revues, des livres et des microfilms. 

Une voûte pour les documents précieux  

L’endroit possède aussi une voûte où sont conservés les livres les plus rares et précieux. La température et l’humidité sont contrôlées pour favoriser la conservation de nombreux artéfacts. De plus, la voûte est munie d’un système d’extinction d’incendies à base de gaz pour éviter que l’eau endommage le contenu. 

La voûte contient notamment la collection Chauveau, celle du premier premier ministre du Québec, considérée comme le fleuron de la bibliothèque, et classée comme bien patrimonial. Les 7000 volumes de la collections ont été acquis en 1892 pour la somme de 8000$, une fortune à l’époque. 

Le plus vieux document de la bibliothèque date de 1473, et doit être manipulé avec soin. Des gants sont requis. Il s’agit d’un extrait de la somme théologique de Saint-Thomas-D’Aquin écrit en latin. 

Un autre document précieux qu’on retrouve à la bibliothèque est un atlas publié à Bruxelles entre 1572 et 1574. C’est un inventaire de toutes les villes connues dans le monde à l’époque, accompagné d’illustration faite à la main. 

Cet ouvrage a été vendu à la bibliothèque en 1918 par un collectionneur de l’Outaouais. La Public Library de New York et la bibliothèque du Congrès à Washington lui avaient fait des offres pour son ouvrage, mais le collectionneur tenait à ce qu’elle reste au Québec. 

Les documents de la voûte sont toutefois interdits à la consultation. 

«On va permettre la consultation à quelques chercheurs, mais vraiment, il nous faut une justification», affirme Martin Pelletier. 

Des artéfacts inusités  

La bibliothèque souhaite aussi faire de la mise en valeur, et pas seulement de ses livres rares. 

La collection compte plus de 7000 artéfacts racontant l’histoire politique du Québec. 

«On a trois kilomètres linéaires de boîtes de documents», souligne Marise Falardeau, responsable du Service des archives et de la numérisation.

Cette collection compte des photos de grands personnages politiques, comme les visites du Roi Georges V à l’Assemblée ou Winston Churchill qui rencontre Adélard Godbout, et même Maurice Duplessis lors de son passage à Québec en août 1943 afin de jeter les bases du débarquement de Normandie. ̧

Un masque funéraire, un nécessaire à savon, des lunettes, des agendas et même une canne de marche sont aussi parmi les objets qu’on retrouve dans la collection. 

Une mission de conservation  

Il est important de noter que la bibliothèque de l’Assemblée nationale est ouverte au public, précise Martin Pelletier. «J’aime le souligner», explique-t-il. 

«On dessert le parlement, oui, on dessert les personnes nommées par le parlement, la tribune de la presse sont des clientèles prioritaires pour nous, mais la bibliothèque est ouverte au public. Les gens peuvent venir ici, travailler, consulter des livres», continue le bibliothécaire. 

Il est d’ailleurs d’avis que la collection n’est pas assez mise de l’avant. 

Le nouveau pavillon permettra d’exposer davantage d’artéfacts et promouvoir encore plus l’histoire de la province. 

«Conserver pour enfermer dans un local pas de lumière, ça ne sert à rien. On a ce devoir de mémoire la, mais aussi il faut le diffuser, il faut le mettre en valeur, il faut que ça serve. Conserver, si ça ne sert pas, ça ne sert à rien», estime Martin Pelletier. 

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