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Le barrage Daniel-Johnson, un barrage qui «vieillit bien»

Le barrage Daniel-Johnson sur la Côte-Nord, célèbre dans le monde par sa grosseur et sa géométrie unique, exige des soins particuliers et des équipes d'Hydro-Québec veillent au grain pour assurer l’intégrité et la sécurité de l’ouvrage de 1,3 km de long.

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«C’est un barrage qui impose l’humilité», a affirmé David Hamel, ingénieur pour Hydro-Québec.

Comme responsable du suivi de comportement du barrage Daniel-Johnson, il a continuellement à l’œil les 2500 instruments dispersés un peu partout dans le roc et la gigantesque structure de béton. Parmi ces instruments, des pendules mesurent les déplacements du barrage.

«C’est moins qu’un millimètre pour les mouvements irréversibles, a-t-il expliqué. Tandis que les mouvements saisonniers pour une voûte comme celle-là, ça peut être quelques millimètres.»

Des déversoirs mesurent le débit des infiltrations d’eau. «On parle de 30 litres d’infiltrations par seconde. Ce qui est très peu pour un ouvrage de cette envergure. On peut considérer que le barrage et sa fondation sont très étanches», a affirmé l'ingénieur.

Des piézomètres mesurent les pressions qui s’exercent sur le barrage. «Les pressions ne sont pas critiques sous le barrage, mais on mesure leur progression», a-t-il poursuivi.

En effet, de fortes pressions pourraient endommager le barrage. Pour les éviter, un réseau de 6000 drains permet à l’eau de s’évacuer. Ils sont bien identifiés dans un logiciel où un jumeau virtuel du barrage a été créé.

«Il faut s’assurer que le drainage se fasse adéquatement, a ajouté M. Hamel. Que toute eau qui s’infiltre à l’intérieur de la structure du barrage puisse trouver une échappatoire pour ne pas créer un bloc qui pourrait se détacher du barrage ou mettre en pression certaines fissures ou certains éléments du barrage.»

Dans les années 90, des abris thermiques ont été construits à la base des voûtes afin de freiner l’apparition de fissures causées par les variations de température.

«Pour palier à ce problème, ils ont construit des abris chauffés et tempérés l’été pour garder une température qui s’apparente à celle du réservoir qui est à 4 degrés, a-t-il détaillé. C’est un barrage qui n’avait pas été conçu à l’époque pour les variations thermiques aussi grandes qu’on a.»

Le barrage Daniel-Johnson vieillit bien, selon David Hamel, qui prend un soin à assurer la pérennité de cet ouvrage, symbole de la révolution tranquille et dont les travaux ont commencé en 1959.

«Il y a un sentiment d’appartenance qui se développe. Il y a quelque chose, il y a de l’ouvrage. Il y a tellement d’énergie qui a été mise dans ce barrage. Il y a quelque chose qui se ressent. Ça fait 10 ans que je travaille. J’ai encore le goût.»

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