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Québec veut réduire de 10 % le taux de suicide dans la province

Depressed woman sitting on a chair in dark room at home. Lonly , sad, emotion concept.

Photo Adobe Stock

Afin de baisser le taux de suicide sous la barre des 1000 décès par année, Québec va investir 65 millions de dollars au cours des quatre prochaines années.

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dévoilé vendredi la Stratégie nationale de prévention du suicide avec pour objectif de diminuer de 10 % le taux de suicide au cours de cette période.

«Il reste encore trop de suicide au Québec. La statistique, on parle de trois suicides par jour, tous les jours. C’est beaucoup trop», a soutenu Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, qui en a fait l’annonce à Montréal.

En 2019, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, 1 128 personnes s’étaient enlevé la vie, dont 872 hommes. Des chiffres qui sont restés stables au cours de la dernière décennie.

La Stratégie mise en place vise à augmenter le «bien-être psychologue» de la population et à diminuer le niveau de détresses.

Pour y arriver, le gouvernement veut notamment soutenir davantage les professionnels et intervenants, ainsi que miser sur l’intégration des connaissances. Un accent sera également mis sur la prévention.

Une attention particulière sera également consacrée aux réseaux sociaux, afin de «rejoindre les jeunes où ils sont».

«J’ai des amis personnellement, qui ont été affectés par le suicide d’enfant. C’est quelque chose qui vient nous chercher. Je pense qu’on en connaît tous», a révélé M. Dubé.

Il s’est dit toutefois conscient de l’enjeu du manque de professionnel en santé mentale dans le réseau de la santé, un aspect qui sera étudié de façon complémentaire à la mise en place de la Stratégie.

Collaborer

Le président-directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Jérôme Gaudreault, voit d’un bon œil le plan mis en place par le gouvernement.

«L’atout principal, c’est que ça permet de fixer des objectifs communs, de canaliser les efforts et d’établir des standards de qualité», a-t-il expliqué.

Il espère qu’avec la Stratégie, il pourra contribuer à bâtir un Québec «sans suicide», un objectif qu’il admet ambitieux, alors que beaucoup de travail reste encore à faire.

Pour Lorraine Deschênes, la coprésidente du Collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide, pour atteindre ces objectifs, il est important de rejoindre les groupes à risque, en particulier les hommes adultes, chez lesquels le taux de suicide est le plus élevé.

«Il faut assurer l’accès aux services partout dans la province. Habiter le bout de la Côte-Nord ou habiter Montréal, ce n’est pas la même chose», a-t-elle illustré.

À ses côtés, Michael Sheehan, l’autre coprésident du Collectif, a confié que l’un de ses enfants s’est enlevé la vie à l’âge de 25 ans.

«[Les statistiques] cachent une grande souffrance. Cette souffrance-là, elle est réelle, elle est concrète et elle est assommante», a-t-il révélé.

Il estime que le travail ne fait que commencer, et que de gros gains sont possibles, à condition d’y mettre l’effort.

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