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Un Montréalais découvre une urne en creusant dans sa cour

Un résident de l'arrondissement Rivière-des-Prairies, à Montréal, a eu toute une surprise en creusant dans la cour de sa nouvelle maison. Alors qu’il souhaitait effectuer des travaux d’horticulture, celui-ci a découvert une urne funéraire d’origine inconnue enfouie sur son terrain.

Sous le choc, l'homme a avisé les policiers de sa découverte. L'urne s'est rapidement retrouvée entre les mains des experts du complexe funéraire Urgel Bourgie.

«Nous avons été contactés par l'intermédiaire de la Corporation des thanatologues du Québec, qui nous a demandé d'aller récupérer l'urne pour en prendre soin», explique le directeur général d'Urgel Bourgie, Patrice Chavegros. « Et en même temps, cela va nous permettre d'investiguer, de trouver à quelle famille appartient l'urne et à qui on doit la retourner, de manière à lui donner une sépulture digne. »

Il semble que l'urne se trouvait là depuis plusieurs années et y avait été enterrée par l'ancien propriétaire de la maison située sur le boulevard de la Rivière-des-Prairies, bien que ce soit illégal. Le règlement contenu dans la Loi sur les activités funéraires est clair : le dépôt en terre de cendres renfermées dans un contenant ne peut être effectué que dans un cimetière.

«Avant les précisions de la Loi et son règlement d'application, tout cela était peut-être un peu moins encadré, mais ça fait déjà quelques années que la loi est précise et que le règlement spécifie ce que l'on doit faire», indique M. Chavegros. «Il faut comprendre qu'un cercueil ou une urne, c'est uniquement un contenant. L'être humain reste un être humain, peu importe la forme ultime qu'on lui a donnée en fonction de la disposition qui a été choisie, » ajoute-t-il.

Il faut savoir que les cendres sont identifiées avec un code précis, qui est une petite plaquette frappée d'un numéro ou d'une lettre, et qui correspond à l'identité du défunt. Dans le cas de cette urne trouvée par le résident, il y avait des indications dessus, selon monsieur Chavegros. Il devrait donc être possible, par traçabilité, de retrouver l'identité de la personne défunte et où elle a été incinérée, afin de retrouver sa famille et lui remettre. Le cas échéant, les cendres seront conservées dans une voûte jusqu'au moment où quelqu'un viendra les réclamer.

Ce genre de découverte peut sembler étonnant, mais est loin d'être inhabituel, ce que déplore la Corporation des thanatologues du Québec. Il arrive souvent que des gens découvrent des urnes enterrées dans leur cour, ou encore oubliées dans une garde-robe après un déménagement.

«C'est une situation déplorable pour le résident de cet endroit-là, qui a à vivre cette situation-là», croit la directrice générale de la Corporation, Annie St-Pierre.

Il faut savoir que le prix moyen pour conserver les cendres au Québec varie selon l'endroit choisi pour le dernier repos. L'achat d'une niche de columbarium pour 25 ans coûte entre 500$ et 1000$ en moyenne et un lot de cimetière pour le même nombre d'années est de 800 $. Plus le nombre d'années de conservation augmente, plus le prix augmente, et les lots se font de plus en plus rares.

«On en profite pour rappeler aux gens que c'est louable de vouloir repartir à la maison avec des cendres humaines, mais il faut prendre garde à la façon dont on les dispose par la suite, » conclut Mme St-Pierre.

Voyez l'entrevue complète du directeur général d'Urgel Bourgie, Patrice Chavegros, en haut de l'article.

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