/regional/montreal/montreal

Montréal veut relancer sa vie nocturne

Afin de relancer les bars et les activités de nuit, durement éprouvée par la pandémie, la Ville de Montréal met en place une «feuille de route pour la vie économique nocturne». De son côté, l’opposition n’y voit rien de nouveau.

• À lire aussi: NON-STOP 24/24: Montréal annonce un projet-pilote pour redynamiser la vie nocturne

Celle-ci, dotée d’un budget de 2,1 millions $, aura pour objectif de «revitaliser la vie nocturne montréalaise». Elle sera un prélude à la création, pour 2023, d’une «politique de la vie nocturne» pour la métropole.

«La vie nocturne montréalaise n’a pas son pareil. La fête fait partie de l’ADN de Montréal et contribue directement au dynamisme culturel et économique de la métropole», a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui en a fait l’annonce lundi matin.

Articulée autour de cinq «défis», la feuille de route donne notamment comme priorité de produire davantage de données afin de mieux comprendre les enjeux reliés à la vie économique nocturne, et de favoriser la prise en compte de celle-ci dans les travaux de la Ville.

Déjà, un projet pilote sera mis en place à la Société des arts technologiques (SAT), où, pour la fin de semaine du 21 mai, l’alcool sera autorisé sans interruption pendant 29 heures.

Mme Plante ne se prononce pas à savoir si l’expérience pourrait revenir à plus grande échelle. La Ville réalisera néanmoins une étude sur les heures d’ouverture.

«Il faut avoir des données. C’est ce qu’on va voir avec ce projet pilote. La feuille de route, c’est de tester des choses, pour qu’on ait notre première politique de la vie nocturne», a-t-elle expliqué.

«Rien de nouveau»  

«Cette annonce de l'administration sonne comme un vieux disque rayé», a illustré Julien Hénault-Ratelle, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique.

Il rappelle que des expériences pour prolonger les heures d’ouverture des bars ont déjà eu lieu dans le passé, ne voyant, dans le plan de la Ville, «rien de nouveau à l’horizon».

«Au final, il demeure que pour créer de l'achalandage de nuit, il faut développer davantage l’offre culturelle», a-t-il indiqué.

Insonorisation  

En parallèle, la Ville de Montréal met sur pied une enveloppe de 1,4 million $ pour permettre le financement de travaux d’insonorisation de petites salles de spectacles.

Le programme de subvention s’adressera aux salles «alternatives» de moins de 400 places et sera accessible jusqu’en 2024.

«[Ça] va nous permettre de favoriser l’essor des salles de spectacles, tout en protégeant la qualité de vie», a expliqué Mme Plante.

Au printemps dernier, le propriétaire de La Tulipe lançait un appel à l’aide, après qu’un nouveau voisin ait multiplié les plaintes liées au bruit, occasionnant à chaque fois des amendes pour la petite salle de spectacles. Une situation semblable avait également mené à la fermeture du Divan Orange en 2018.

La création du programme fait suite au rapport sur «l'État des lieux des salles alternatives à Montréal», réalisé en 2019, et pour lequel les gestionnaires de «18 salles alternatives» ont été consultés.

Un Sommet pour la nuit  

À partir de jeudi et pour deux jours, l’organisme MTL 24/24 organisera son «Sommet de la nuit» pour réfléchir aux enjeux touchant la vie nocturne de la métropole. L’organisme avait déjà organisé un forum semblable l’été dernier.

«MTL 24/24 est heureux de prendre connaissance de la feuille de route proposée par la Ville de Montréal. Ce plan d’action fournit un échéancier clair devant mener dès l’été prochain à l'adoption d’une politique de la vie nocturne redéfinissant le cadre d’opération des activités nocturnes», a déclaré Mathieu Grondin, directeur général de l’organisme.

Il estime néanmoins que la Ville devra réfléchir à la complexité des règles entourant la vente d’alcool ainsi que sur la possibilité de prolonger les périodes durant laquelle elle est autorisée.

L’organisme a présenté lundi le résultat de son étude sur la vie nocturne, selon laquelle les «activités socioculturelles nocturnes» auraient des retombées économiques de 2,26 milliards $ pour la métropole. Le rapport indique également que 22% des touristes visiteraient Montréal pour ses activités de nuit.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.