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Rapport de la vérificatrice générale: une gestion des chantiers qui doit être «amélioré»

À l’approche de la saison des cônes orange, la vérificatrice générale (VG) prévient la Ville de Montréal que ses processus ne sont pas «pleinement efficaces» pour lui permettre d’avoir une vue d’ensemble des chantiers sur ses routes.

C’est l’un des points qui ressort du rapport de la vérificatrice générale de la Ville, Michèle Galipeau, qui a rendu public lundi son rapport annuel pour l’année 2021.

Elle y indique que, malgré la fin de certains chantiers majeurs, comme le réaménagement de la rue Sainte-Catherine, le «rythme des mises en chantiers ne risque pas de diminuer pour autant».

Ces travaux nécessiteront une coordination afin de «minimiser les impacts sur la mobilité des usagers». Or, selon ses observations, les rôles et responsabilités des différentes entités intervenant dans le processus de planification ne pas «suffisamment définis» et les échanges d’informations sont «insuffisants»

«Bien que l’ensemble des arrondissements audités ait mentionné effectuer la planification de leurs travaux, aucun ne partage cette planification avec [Assistance à la gestion des interventions dans la rue (AGIR)]», a noté la VG.

À cet égard, selon le rapport de la VG, AGIR n’est informé des projets immobiliers qui peuvent avoir un impact sur la circulation que lorsque l’arrondissement a délivré un permis d’occupation temporaire.

«Il est rendu trop tard à cette étape, car AGIR n’est plus en phase de planification, et ces projets risquent d’impacter d’autres projets qui ont été planifiés auparavant», est-il écrit.

La Ville avait défini des «axes de mobilité» sur son territoire afin d’y limiter les travaux, pour y assurer la fluidité des déplacements. Seuls certains types de travaux, dont ceux d’urgences, y sont permis. Un processus de validation avait également été mis en place auprès des arrondissements responsables de l’octroi de permis.

«Or, dans le cadre des travaux d’audit, trois arrondissements sur les quatre rencontrés ont mentionné ne pas connaître ce processus», a écrit la vérificatrice générale dans son rapport.

Elle y note également que plusieurs de ces axes ont fait l’objet d’octroi de permis au cours de la période étudiée. «Sans connaître le motif pour chacun de ces permis, il y a lieu de se questionner à savoir s’ils étaient tous en lien avec une intervention d’urgence», a-t-elle ajouté.

La VG établie une dizaine de recommandations à la Ville afin qu’elle encadre mieux les différents chantiers sur son réseau routier, recommandant notamment que les rôles de l’ensemble des intervenants soient «clairement» définis, et de se doter de mécanisme d’échange d’informations.

Elle suggère également la mise en place d’un mécanisme qui permettrait de capter l’ensemble des travaux des arrondissements, afin de «permettre une meilleure planification des projets sur le territoire».

Itinérance 

En 2018, la Ville avait adopté son Plan d’action montréalais en itinérance (PAMI) 2018-2020, pour favoriser le «maintien et le développement des services nécessaires pour améliorer les conditions de vie et prévenir l’itinérance».

Au terme du plan, le Service de la diversité et de l’inclusion sociale (SDIS) de la Ville aura injecté 8,7 millions $ pour lutter contre l’itinérance.

Dans son rapport, la VG remarque que malgré des efforts «louables», une absence de données et le peu d’indicateurs d’impact «ne nous permettent pas d’évaluer dans quelle mesure l’obtention des bénéfices attendus s’est concrétisée».

Elle indique également que son analyse n’a pu confirmer que la mise en œuvre du PAMI a «bénéficié d’un processus de sélection des projets impartial et équitable et de mécanismes de suivi structurés et documentés».

La reddition de compte est également sous la mire de la VG, alors que seuls des faits saillants sont présentés annuellement aux instances.

«Les résultats présentés ne permettent pas toujours d’apprécier facilement, voire justement, l’atteinte ou non des cibles du PAMI et encore moins d’en évaluer les retombées sur la situation de l’itinérance», est-il écrit dans le rapport.

Des problèmes retracés dès la mise en place du plan d’action. «Notre analyse du PAMI en lien avec les 80 indicateurs [de réussite] révèle des problématiques dans la conception du plan pour une très grande majorité des indicateurs», a écorché le rapport de la VG.

Elle recommande au SDIS de «se doter d’indicateurs spécifiques, mesurables et en adéquation avec les actions et faisant un lien avec les besoins en itinérance» pour qu’il soit possible d’en mesurer leurs retombées.

De même, la VG lui suggère de se doter de «paramètres précis d’évaluation de projets», afin d’assurer la transparence du processus.

Manque d’arrosage des arbres 

La vérificatrice générale s’est également intéressée à la Politique de l’arbre, adoptée par la Ville en 2005 pour assurer le développement de la forêt urbaine montréalaise.

Elle note dans son rapport que la Ville n’a pas assuré la mise en œuvre des actions qu’elle s’est fixée, que les arrondissements n’ont pas «une connaissance complète de la composition et de l’état des arbres publics sous leur responsabilité», et que les programmes d’entretien n’ont pas été élaborés, ce qui aboutit à «des pratiques d’entretien disparates qui compromettent l’espérance de vie des arbres».

Ainsi, sur les huit arrondissements audités, seulement quatre effectuent l’arrosage des arbres de façon «complète». Des données semblables pour d’autres «activités d’entretien», telles que l’élagage et l’abattage.

À Montréal-Nord, par exemple, ces problèmes ont notamment touché les arbres plantés dans le cadre du programme «Un enfant, un arbre», où «60 % des arbres plantés dans le domaine public sont morts faute d’arrosage suffisant.»

Le rapport de la VG fait également remarquer qu’aucun suivi de la Politique de l’arbre n’a été fait depuis son adoption, et que l’estimation des ressources nécessaires n’a pas non plus été établie.

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