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Washington lève une série de restrictions visant Cuba

L'administration Biden a annoncé lundi la levée d'une série de restrictions visant Cuba, notamment sur les procédures d'immigration, les transferts d'argent et les liaisons aériennes, une décision qui promet de susciter un vif débat tant le sujet est politiquement sensible aux États-Unis.

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Cette annonce est le résultat d'une révision de la politique américaine envers le régime communiste, qui avait été lancée par le président Joe Biden.

Selon un communiqué du département d'État, l'administration Biden va notamment remettre en place un programme suspendu depuis plusieurs années, qui facilitait les procédures d'immigration de membres d'une même famille.

Elle promet aussi d'augmenter les capacités de traitement des demandes de visas à La Havane.

Les États-Unis vont également supprimer le plafond de 1.000 dollars par trimestre et par émetteur/bénéficiaire qui limitait jusqu'ici les transferts d'argent vers Cuba, et vont autoriser par ailleurs des envois d'argent hors du cadre familial.

Le département d'État précise toutefois que ces flux financiers ne doivent pas «enrichir» des personnes ou entités violant les droits humains.

Ce plafond avait été décidé par l'ancien président Donald Trump, qui avait pris une volée de mesures contre Cuba pendant son mandat.

L'administration Biden va aussi augmenter le nombre de vols entre les États-Unis et l'île, en autorisant la desserte d'autres villes que La Havane.

Elle va également autoriser certains voyages de groupes qui sont pour l'heure interdits.

Les sanctions financières visant des personnalités ou des entités cubaines restent toutefois en place, a tenu à préciser l'administration Biden.

Les mesures annoncées lundi sont «des décisions pratiques destinées à répondre à la situation humanitaire» à Cuba et à «développer les opportunités économiques» des Cubains, a expliqué un haut responsable de l'administration américaine.

Le président démocrate Joe Biden cherche à trouver un équilibre délicat, entre volonté affichée de «soutenir le peuple cubain» et d'encourager ses aspirations démocratiques d'une part, et fermeté contre le régime communiste d'autre part.

Il avait l'été dernier condamné la répression d'importantes manifestations à Cuba et pris une série de sanctions contre des responsables cubains.

Le sujet des relations avec Cuba est politiquement brûlant aux États-Unis, qui abritent une importante communauté d'immigrés d'origine cubaine.

«L'annonce du jour risque d'envoyer le mauvais message aux mauvaises personnes au mauvais moment et pour de mauvaises raisons», a immédiatement critiqué Bob Menendez, président de la commission des affaires étrangères du Sénat, et pourtant membre comme Joe Biden du parti démocrate.

L'opposition conservatrice, quant à elle, est intimement associée depuis longtemps à la critique virulente du régime communiste.

Le sénateur républicain Marco Rubio, a ainsi accusé l'administration Biden de compter dans ses rangs des «sympathisants» du régime communiste de Cuba.

L'élu de Floride, où réside la majorité de la diaspora cubaine aux États-Unis, a également affirmé que la décision du gouvernement représentait «les premiers pas vers un retour aux politiques ratées d'Obama sur Cuba».

Durant son mandat, Barack Obama, dont Joe Biden était vice-président, avait fait le choix d'une politique d'ouverture historique avec l'île des Caraïbes, qui avait permis une brève embellie dans les relations entre les deux pays. Arrivé à la Maison-Blanche, Donald Trump avait cependant durci les sanctions contre La Havane, revenant sur la politique du président démocrate.

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