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Espagne: vers un «congé menstruel» inédit en Europe

Le gouvernement de gauche espagnol a présenté mardi un projet de loi créant un «congé menstruel» pour les femmes souffrant de règles douloureuses, une première en Europe.

«Nous allons être le premier pays d'Europe à instaurer un arrêt maladie temporaire financé intégralement par l'État pour des règles douloureuses et invalidantes», s'est félicité la ministre de l'Égalité, Irene Montero, à l'issue du Conseil des ministres.

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«Les règles ne seront plus tabous (..) C'en est fini d'aller au travail avec les douleurs, de devoir se gaver de comprimés avant d'aller au travail ou de devoir cacher notre douleur», a ajouté la ministre, l'une des chefs de file du parti de gauche radicale Podemos, partenaire du parti socialiste du premier ministre Pedro Sánchez au sein d'un gouvernement de coalition revendiquant son féminisme.

La ministre avait indiqué plus tôt à la télévision publique que cet arrêt maladie, qui devra être signé par le médecin traitant, «n'aurait pas de durée limite» alors qu'une version préliminaire du projet diffusé la semaine dernière par les médias évoquait un congé de trois jours pouvant être porté à cinq en cas de symptômes aigus.

Ce texte, qui a suscité le débat au sein de l'exécutif et des syndicats, devra être approuvé par le Parlement où le gouvernement est minoritaire, avant d'entrer en vigueur.

Si l'exécutif obtient le feu vert des députés, l'Espagne deviendra le premier pays en Europe et l'un des rares dans le monde à intégrer cette mesure dans sa législation, à l'instar du Japon, de l'Indonésie ou de la Zambie par exemple.

Ce «congé menstruel» est l'une des mesures phares d'un projet de loi plus large prévoyant également de renforcer l'accès à l'avortement dans les hôpitaux publics, qui pratiquent moins de 15% des IVG dans le pays en raison d'une objection de conscience massive des médecins.

Il doit également permettre aux mineures d'avorter sans l'autorisation de leurs parents à 16 et 17 ans en revenant sur une obligation instaurée par un précédent gouvernement conservateur en 2015.

L'avortement a été dépénalisé en Espagne en 1985 puis légalisé en 2010, mais l'IVG reste un droit semé d'embûches dans ce pays à forte tradition catholique où les mouvements anti-IVG sont très actifs.

Le texte du gouvernement prévoit aussi un renforcement de l'éducation sexuelle dans les écoles ainsi que la distribution gratuite de pilules du lendemain dans les centres de soins et de moyens contraceptifs dans les lycées.