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Litige d’affaires: l’ex-joueur du CH Stéphane Quintal devra payer 255 000 $

Photo d'archives

L’ex-hockeyeur Stéphane Quintal a non seulement perdu son litige contre un homme d’affaires avec qui il avait ouvert un gymnase au centre d’entraînement des Canadiens, mais il devra en plus lui verser 255 000 $, a tranché la Cour supérieure du Québec.

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«Avec l’ouverture à proximité d’un concurrent de grande surface et à prix modique, les déficits [du gym] se sont accumulés. M. Quintal ayant refusé d’assumer sa part des pertes, le club a finalement fait faillite en 2020», peut-on lire dans la récente décision du juge André Prévost au palais de justice de Montréal.

Depuis 2019, l’ancien défenseur des Canadiens était empêtré dans un conflit acrimonieux avec son ancien partenaire d’affaires Leonard Schlemm, un homme d’affaires aguerri qui a longtemps dirigé la plus importante chaîne de conditionnement physique au monde.

Les deux hommes s’étaient rencontrés 12 ans plus tôt, à la suggestion de l’ancien PDG des Canadiens Pierre Boivin, afin de construire un gym au centre d’entraînement de l’équipe sur la Rive-Sud.

Le Club athlétique Mansfield Rive-Sud a déclaré faillite le 13 juillet 2020, sur fond de conflit entre ses propriétaires, Leonard Schlemm et Stéphane Quintal.

Photo d'archives Martin Chevalier

Le Club athlétique Mansfield Rive-Sud a déclaré faillite le 13 juillet 2020, sur fond de conflit entre ses propriétaires, Leonard Schlemm et Stéphane Quintal.

«M. Schlemm lui indique ne pas être intéressé, peut-on lire dans le jugement. M. Boivin lui propose subséquemment de s’associer à un ancien joueur des Canadiens qui serait chargé d’en faire la promotion et d’attirer des clients. Le nom de M. Quintal est alors proposé par M. Boivin.»

Prêt de 255 000 $ 

Peu après, M. Schlemm et Stéphane Quintal s’associaient, en convenant que c’est l’ex-numéro 5 des Glorieux qui s’occuperait de l’administration du gym, qui a ouvert en 2009. L’homme d’affaires détenait 80 % des actions, tandis que l’ex-hockeyeur avait 20%.

Sauf qu’en 2012, M. Quintal a obtenu un emploi au sein du département de sécurité des joueurs de la LNH, pour en devenir le vice-président deux ans plus tard.

«Cela a pour effet de réduire le temps qu’il consacre aux affaires [du gym]», est-il indiqué dans le jugement.

Voulant passer plus de temps avec sa famille à Montréal, Stéphane Quintal a finalement quitté son poste de vice-président pour redevenir adjoint au sein du département. Parallèlement, des discussions ont été amorcées afin qu’il vende à son partenaire d’affaires ses actions dans le gym de la Rive-Sud. Cela lui a permis d’obtenir un «prêt relais» de 255 000 $ afin d’aider à acheter une maison dans le quartier Outremont. Ce prêt a été remboursé par M. Schlemm peu après.

«M. Quintal ne conteste pas lui devoir la somme de 255 000 $», précise le jugement.

Pas d’acheteurs 

Une entente concernant la vente des parts de M. Quintal à M. Schlemm a finalement été conclue, mais un peu plus tard, ce dernier a lui aussi décidé de vendre ses actions. Au terme de discussions, l’entente initiale a finalement été modifiée.

Mais malgré les efforts pour se départir des actions, et même si six acheteurs potentiels s’étaient manifestés, aucune offre d’achat n’a été déposée.

«Les efforts [...] se poursuivent, sans succès, jusqu’en 2020, explique le juge. Le [gym] fait alors faillite.»

S’en est alors suivi un conflit concernant l’entente. Pour l’ex-défenseur du CH, son ex-partenaire d’affaires de devait de racheter ses parts dans le club, valant 832 000. $. M. Schlemm a ensuite contre-attaqué en affirmant ne rien devoir à M. Quintal en raison de l’entente initiale qui avait été modifiée, tout en lui réclamant 255 000 $ en raison du remboursement du prêt pour l’achat de la maison à Outremont.

Face à ces deux positions, l’affaire s’est rendue jusqu’à procès.

«La modification que [M. Schlemm] a apporté à l’entente s’est effectuée de manière transparente, M. Quintal étant informé non seulement de la modification elle-même, mais aussi des raisons qui la motivent, a finalement tranché le magistrat. Le tribunal conclut que l’entente a été validement modifiée.»

S’il le désire, M. Quintal a 30 jours pour porter en appel de cette décision.

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