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Montréal: la vérificatrice générale préoccupée par les délais

LAURENCE HOUDE-ROY/24 HEURES/AGENCE QMI

Au lendemain du dépôt de son rapport annuel, la vérificatrice générale (VG) de Montréal, Michèle Galipeau s’est dite «préoccupée» par le fait que certaines de ses recommandations tardent à être appliquées.

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«J’ai amené le point et je le répète depuis plus de six ans. Ce que l’on constate, c’est que la plupart des engagements ne sont pas honorés», a souligné, exaspérée, Mme Galipeau.

Dans son dernier bilan, sur les 471 recommandations dont la mise en œuvre a été analysée par son Bureau, seulement 47 % ont été mises en application.

Parmi les recommandations non closes, 75 % accusent un retard dans leur application par rapport à leur échéancier, dont 36 % depuis plus de deux ans.

«Tous nos rapports sont validés et discutés. Lorsqu’on émet une recommandation, c’est parce qu’on la trouve importante», a souligné la vérificatrice générale.

Pour celles qui ont été mises en place, 93,7 % l’ont été en retard, dont 7,7 % avec cinq ans ou plus de délais.

Interrogée à savoir pourquoi si peu de ses recommandations étaient mises en place, Mme Galipeau a énuméré tout ce que son équipe a fait pour faciliter la tâche de l’administration municipale, en offrant notamment des rencontres, des formations et de plus longs délais.

«Avec tout ce qu’on fait, comment je me l’explique... je demande que des indicateurs soient mis en place, parce que j’essaie de comprendre. Je ne trouve pas ça acceptable», a-t-elle dénoncé.

En exemple d’une recommandation qui tarde à être appliqué, son Bureau avait demandé un plan de «continuité des affaires» pour l’éventualité qu’il y ait un incident dans l’un des édifices du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

«Aujourd’hui, plus de cinq ans plus tard, j’attends toujours qu’on me dise qui est responsable», a-t-elle illustré.

Méthodes de calcul différentes

Pour l’administration municipale, ce faible pourcentage de recommandations qui sont appliquées s’explique par une méthode de calcul différente de celle du Bureau de la vérificatrice générale.

«La vérificatrice générale et nous ne comptons pas exactement les mêmes choses. Clairement, elle a un pourcentage d’actions qui sont mises en place, et nous, quand on demande à nos services, on en a 78 % qui sont réalisées», a justifié Dominique Ollivier, présidente du comité exécutif de la Ville.

À ses yeux, les recommandations de la Ville sont effectivement «appliquées».

«Ce qui est important, c’est que désormais, la communication soit claire, pour que quand on a des reports d’échéancier, elle puisse travailler avec les nouveaux échéanciers qui nous sont imposés par les événements», a ajouté Mme Ollivier.

Des explications qui ont laissé pantoise l’opposition officielle, qui rappelle l’importance d’avoir un organisme indépendant pour la bonne gestion de l’administration.

«Dans chaque organisation, si on a une vérificatrice générale, c’est pour se fier à ses chiffres. Je ne peux pas m’autoféliciter moi-même», a illustré Aref Salem, chef de l’opposition officielle.

Il estime que les actions de la Ville sont «extrêmement inquiétantes», accusant à cet effet l’administration Plante de se «déresponsabiliser» de ses dossiers.

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