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Quand l’intolérance tue

A man and a woman holding each other hands for comfort and sympathy

Farknot Architect - stock.adobe.com

L’amour ne devrait en aucun cas être restreint, réprimé ou puni. La liberté d’aimer est aussi importante à défendre que la liberté d’expression, sinon plus : en effet, c’est par amour que nous vivons. Et c’est en s’aimant soi-même que nous réussissons à nous épanouir. L’amour ne devrait pas être un facteur de risque qui raccourcit l’espérance de vie. Pourtant, c’est ce qui se passe encore ici, au Québec.  

Même si la nation québécoise est une précurseure en matière d’ouverture envers les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, bispirituelles, asexuelles, intersexes et non binaires, il n’en demeure pas moins qu’encore aujourd’hui, beaucoup d’entre elles subissent plusieurs formes de violence. Ce qu’on leur reproche? D’aimer une personne du même sexe ou d’avoir une identité de genre autre que celle qui leur a été assignée à la naissance. 

Alex n’avait que dix ans lorsque sa vie s’est arrêtée brutalement à Gatineau, en mars dernier, à cause de l’intimidation subie à l’école et de l’intolérance face à son identité. C’est en 2022, au Québec, que cet enfant s’est ôté la vie. À seulement dix ans. 

Tout ce que nous pouvons faire ensemble, avec vous toustes comme allié.e.s, c’est de continuer à combattre l’homophobie et la transphobie au quotidien jusqu’à ce que chaque être humain sur cette terre puisse aimer, vivre et s’épanouir en toute sécurité. Il semble tout à fait absurde de qualifier cet objectif d’ambitieux. Pourtant, il l’est. 

À certains endroits du monde, les droits des personnes LGBTQ+ vont même jusqu’à faire marche arrière. Comme en Floride, par exemple, où le Sénat a voté une loi interdisant aux écoles primaires publiques de sensibiliser les enfants aux réalités des personnes LGBTQ+. 

En privant les jeunes d’un accès à une éducation sur les identités de genre et l’orientation sexuelle, on isole les jeunes LGBTQ+. On leur apprend que leur identité est inappropriée, tout en laissant cours à l’intimidation, qui les pousse malheureusement vers l’irréparable. Voilà pourquoi il est important que vous nous aidiez à continuer notre combat. 

Le constat que porte la Fondation Émergence pour sa 20e campagne de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie est grave : l’homophobie et la transphobie écourtent des vies. 

4 042. C’est le nombre de personnes trans assassinées répertorié dans le monde depuis 2008. Et ce nombre ne cesse de croître. En 2021, c’est 375 personnes trans qui ont été assassinées. Un triste record. De telles données pour appuyer notre campagne, nous en avons trop. Elles prouvent encore une fois qu’il est primordial de continuer à défendre les droits des personnes LGBTQ+ dans les écoles, les organisations et les médias, ici et ailleurs. 

Au cours des 50 dernières années, notre communauté a joué un rôle primordial dans l’évolution des droits de la personne dans le monde, et force est de constater qu’en ce 17 mai 2022, nous avons encore beaucoup de pain sur la planche. 

Depuis sa création par la Fondation Émergence en 2003, la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie a constitué un moment mobilisateur dans de nombreux pays. Par exemple, c’est le 17 mai 2013 que la France a adopté le droit au mariage entre personnes de même sexe. Néanmoins, pour donner encore plus d’ampleur à cet élan, nous avons besoin de l’appui de la communauté internationale. 

C’est pourquoi nous voulons faire reconnaître officiellement le 17 mai comme la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie à l’ONU. Le 17 mai est une date symbolique pour la communauté LGBTQ+, car c’est le 17 mai 1990 que l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Nous appelons la population à se mobiliser et à nous appuyer dans cette démarche en regardant la vidéo et en signant la pétition sur www.montre54secondes.com

Faites vite. Il est urgent d’agir. Car chaque seconde, l’intolérance écourte des vies. 

Laurent Breault, Directeur général Fondation Émergence

Laurent Breault détient une maîtrise en sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), un diplôme d’études supérieures en enseignement postsecondaire de l’Université de Montréal (UdeM) ainsi qu’un diplôme d’études supérieures en administration des affaires de HEC Montréal. Il est directeur général de la Fondation Émergence, un organisme international de défense des droits LGBTQ+ situé à Montréal, où il travaille depuis 2014. Il siège également au comité scientifique de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’UQAM et est co-président d’Égides.

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