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Retraités de Groupe Capitales Médias: Fitzgibbon n’a pas été écouté

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Les audiences devant le Tribunal administratif du travail concernant les plaintes de quelque 250 retraités du Groupe Capitales Médias pour mauvaise représentation syndicale de la CSN et d’Unifor reprendront mercredi le 18 mai après six mois d’interruption.  

Un article publié pour souligner les deux ans des coopératives de l’information (Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien, la Tribune, La Voix de l’Est et Le Droit) reprend les deux principaux arguments de la CSN qui ont conduit à la terminaison des régimes de retraite de GCM.

Il s’agit du déficit de 65 millions $ des quatre régimes de retraite que les syndicats considéraient impossible à rembourser et l’exigence des bailleurs de fonds des coopératives de terminer les régimes de retraite avec comme conséquence des coupures de rentes de 20 à 25%.  

Un complément d’information s’impose. 

Une autre solution était possible 

L’article dont il est question a été publié par le Projet J, un observatoire dirigé par le programme de journalisme de l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). «Il y a ici un : «il a fallu choisir» encore contesté», a écrit l’auteur de l’article concernant la décision de terminer les régimes de retraite. 

Mais y avait-il un autre choix que de rembourser le dit déficit de 65 millions $ ? Nous pensons que oui. À preuve, les propos du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui ont été rapportés dans le Journal de Québec du 12 septembre 2019, soit trois semaines après que GCM soit déclarée insolvable. 

Ce déficit (65 millions $) n’est vrai que dans le scénario d’une fermeture des journaux, a affirmé le ministre. Dans le contexte d’une poursuite des activités, poursuit-il, on peut espérer un surplus de 5 millions $. On comprend qu’une fermeture entraîne la terminaison du régime de retraite. 

«Dans un mode de continuité, le fonds de pension n’est pas un problème assumant qu’on accepte que 5-6% de rendement est raisonnable, je pense que ce l’est», a dit le ministre de l’Économie. 

À La Presse, on avait bien compris l’importance de conserver le régime de retraite en continu au lieu d’une terminaison qui aurait causé des pertes de rentes de 17-18% lors du transfert du journal à un organisme à but non lucratif. 

Voici ce que le président du syndicat à La Presse a fait part dans un courriel rapporté dans un article de La Presse publié le 8 juin 2018 concernant le régime de retraite du journal.

«Le taux de solvabilité du régime est de 82,4% et celui-ci accuse donc un déficit de solvabilité de 89 964 000$. Cette situation n’est pas anormale ni inquiétante dans un contexte de continuité des affaires», a écrit le président du syndicat affilié à la CSN. En continu, le régime de retraite de La Presse a un surplus de capitalisation de 39 millions $. 

À La Presse, Power Corporation a donné la garantie de maintenir le régime de retraite en continu et d’assumer les cotisations de continuité au besoin. Ces cotisations ont été évaluées à 518 400$ par année, soit six dixièmes de 1% du déficit de près de 90 millions $. Depuis 2016, les entreprises n’ont plus à rembourser les déficits de solvabilité à la suite d’un changement à la loi.  

Une possibilité qui aurait dû être étudiée 

Est-ce que le modèle de La Presse aurait pu s’appliquer au Soleil et aux autres régimes de retraite pour préserver les droits acquis des retraités et des employés syndiqués des cinq autres journaux de GCM ?  

Nous pensons que Power aurait pu s’impliquer de la même façon qu’il l’a fait pour La Presse. À défaut, les coopératives soutenues par la CSN auraient dû étudier attentivement cette possibilité d’autant plus que des propositions ont été avancées afin que les retraités versent 5% de leurs rentes – et peut-être davantage – dans un fonds afin que ce scénario soit à coût nul pour les coopératives.  

Si on fait une règle de trois avec le déficit de solvabilité du fonds de pension de La Presse et celui du Soleil, la cotisation de continuité aurait été de 130 000$ par année au Soleil. Et la part des retraités aurait été d’environ 90 000$, soit moins de 2% de toutes les rentes versées aux retraités en 2018. 

Quant à l’exigence des bailleurs de fonds des coopératives d’une terminaison des régimes de retraite, laquelle a conduit à l’appauvrissement des retraités, nous considérons que leur position est contraire à l’objectif d’inciter les gens à économiser pour leur retraite et ce, à même des crédits d’impôts ou des fonds supportés par nos taxes et nos impôts. 

Est-ce qu’une proposition de maintenir les droits acquis à coût nul pour les coopératives aurait amené les prêteurs à modifier leur exigence d’une terminaison des régimes de retraite ? On ne le sait pas mais il faudrait au moins avoir posé la question, ce qui ne semble pas être survenu. 

Les partenaires financiers des coopératives de l’information sont Investissement Québec, la caisse d’économie solidaire Desjardins, Desjardins Capital, Fondaction de la CSN, le Fonds de solidarité FTQ, la Fiducie du Chantier de l’économie sociale et le Réseau d’investissement social du Québec. 

Il reste encore beaucoup de points à éclaircir lors des prochaines audiences devant le Tribunal administratif du travail. 

Pierre Pelchat, Porte-parole des associations des employés syndiqués retraités (Le Soleil, Le Quotidien, Le Nouvelliste et la Voix de l’Est) du Groupe Capitales Médias.

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