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Vers une relance de l'ancienne usine de boulette de fer de Cliffs à Sept-îles

La compagnie minière Champion Iron entend relancer une usine de boulette de fer fermée depuis près de 10 ans à Sept-Îles, a-t-elle annoncé le jour même de l'inauguration de la deuxième phase de la mine de fer du lac Bloom à Fermont.

La fermeture par Cliffs de son usine de boulettage de Pointe-Noire à l’automne 2013 avait porté un coup dur à l’économie de Sept-Îles avec la perte de 160 emplois.

Jusqu’à mardi, les espoirs de relance de cette usine étaient minces. Son propriétaire actuel, la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire jonglait même avec l’idée de la démanteler.

Or, le vent tourne avec cette acquisition de l’usine pour 2,5 millions $ par Champion qui veut y produire des boulettes de fer à partir de son propre minerai.

Le projet engendrerait des investissements de l’ordre de 700 à 800 millions de dollars et pourrait procurer de l’emploi à 250 personnes. Mais d’abord, Champion va réaliser une étude de faisabilité pour évaluer les coûts de la remise en marche de l’usine en partenariat avec un aciériste d’envergure international qui n’a pas été identifié. Cette étude sera complétée en 2023.

Selon le chef de la direction de Champion, David Cataford, l’usine est un actif intéressant malgré son âge vénérable de 57 ans.

«L’usine de boulettage a besoin d’un peu d’amour. Par contre, il y a quand même des infrastructures à l’intérieur de cette usine-là qui sont encore bonnes. On pense au broyeur et certaines installations, au plancher. C’est des choses qui, aujourd’hui, coûtent quand même assez cher. Cette usine les a. Le reste du procédé, on ne se le cachera pas, il faut enlever ces morceaux-là et faire une nouvelle usine qui va être capable d’opérer pendant les 50 prochaines années», a-t-il détaillé.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a participé à l’annonce. Le gouvernement du Québec a une participation de 8,5 % dans Champion. Le ministre est convaincu que ce projet sera rentable parce qu’il répond à l’appétit des aciéristes pour des boulettes de fer qui leur permettent de réduire leurs émissions de carbone.

Il n’est pas exclu que le gouvernement prenne une participation dans le projet comme elle l’avait fait pour la première phase de la mine du lac Bloom.

«La Société n’a pas besoin d’avoir de subvention du gouvernement parce qu’elle est très très profitable. Surtout s’ils vont faire la conversion en boulettes de fer vertes avec réduction directe, ça va être un projet d’investissement rentable. On pourrait vouloir investir pour pouvoir donner aux Québécois la chance de faire des profits avec l’investissement», a exposé le ministre.

Le maire de Sept-Îles Steeve Beaupré se réjouit de cette annonce. «Le fait que Minerai de fer Québec procède à l’acquisition de la vieille usine de boulettage, anciennement propriété de Cliffs, c’est majeur. C’est des retombées économiques, c’est de la création d’emploi. Ça veut dire que le marché du minerai de fer est en excellente santé», juge-t-il.

Deuxième phase à Fermont

Après l’annonce de Sept-Îles, la direction de Champion et les représentants gouvernementaux se sont déplacés à Fermont, à la mine de fer du lac Bloom, où la deuxième phase a été inaugurée devant des employés.

Cette expansion fait passer de 8 à 16 millions de tonnes la production de minerai de fer. 633 millions de dollars y ont été investis.

Minerai de fer Québec pourrait poursuivre son expansion avec l’exploitation d’autres gisements qu’elle possède près du lac Bloom. La minière a des réserves de 10 milliards de tonnes, ce qui représente 10 fois la mine du lac Bloom.

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