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La Russie ferme le bureau de la CBC/Radio-Canada à Moscou

Filming media event with a video camera. News conference.

Photo Adobe Stock

La Russie a choisi de répliquer à l’interdiction de diffusion de Russia Today au Canada en fermant le bureau de Radio-Canada à Moscou, mercredi, une décision qui n’a pas tellement surpris du côté d’Ottawa.

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Le pays de Vladimir Poutine a par la même occasion annulé les accréditations et les visas des journalistes de Radio-Canada et de CBC. Il s’agit de la première fois que le gouvernement russe décide de bannir un média occidental depuis le début du conflit en Ukraine en février dernier.

«CBC/Radio-Canada est profondément déçue que le gouvernement russe ait décidé de fermer notre bureau à Moscou. Nous avons maintenu un bureau à Moscou pendant 44 ans et nous sommes actuellement la seule entreprise de presse canadienne à avoir une présence permanente dans ce pays», a réagi par communiqué Luce Julien, directrice générale de l’Information à Radio-Canada.

Mme Julien s’est dite particulièrement surprise d’avoir appris la nouvelle par une dépêche de l’AFP.

«Le gouvernement russe semble confondre le gouvernement canadien et l’entreprise de presse indépendante qu’est CBC/Radio-Canada», a-t-elle indiqué en point de presse en après-midi.

En plus des deux correspondants et de la réalisatrice, sept employés locaux étaient également présents au bureau russe. Selon la correspondante en Russie Tamara Alteresco, aucune information spécifique ne laisserait croire que ces personnes sont en danger pour le moment.

Radio-Canada compte tout de même retourner dans la région, l’entreprise médiatique ayant déjà envisagé d’ouvrir un autre bureau avant l’annonce de la fermeture.

«On pensait retourner [au bureau russe] dans quelques semaines, même cet été. On était très enthousiastes», a mentionné Mme Julien, qui a précisé qu’ils n’avaient encore aucun pays précis en tête pour le prochain bureau.

«À notre connaissance, c’est la première fois dans l’histoire de CBC/Radio-Canada qu’un gouvernement étranger ordonne la fermeture d’un de nos bureaux», a ajouté la directrice générale.

Aucun étonnement à Ottawa

Interrogé à ce sujet, le premier ministre Justin Trudeau ne s’est pas dit surpris de cette décision de la Russie.

«C’est extrêmement important de toujours soutenir la liberté de la presse et le travail professionnel que fournit les journalistes partout dans le monde. Ce n’est pas une grande surprise que c’est une menace pour Poutine, qui dépend de la désinformation, de la mésinformation pour induire ses citoyens en erreur pour essayer de justifier cette guerre illégale», a-t-il fait valoir lors d’une mêlée de presse.

Même constatation du côté du néodémocrate Jagmeet Singh.

«Si on regarde les actions de Poutine depuis longtemps, l’approche de Poutine était une approche contre la démocratie, pour la [désinformation], donc c’est clair que ce n’est pas quelqu’un qui reconnait l’importance du journalisme en général, de la vérité aussi», a-t-il déclaré en point de presse.

Il en a profité pour rappeler qu’il soutenait la décision du gouvernement Trudeau d’avoir interdit les médias russes au Canada qui «continuent de promouvoir des messages qui sont complètement faux».

En mêlée de presse, le dirigeant bloquiste Yves-François Blanchet a avancé qu’il s’agissait d’une situation «déplorable, mais périphérique» dans tout le conflit.

«Je n’ai aucune confiance dans l’État russe dans tout ce qui touche la liberté de presse dans un sens ou dans l’autre. Autant je pense que les gens de Russia Today n’étaient pas tout à fait libres de ce qu’ils faisaient, autant je pense que des journalistes canadiens en Russie ne pourrait pas exactement aller où ils veulent, quand ils veulent et parler à qui ils veulent», a-t-il affirmé.

Pour les conservateurs, cette décision de Poutine «ne fera qu'isoler davantage la Russie sur la scène internationale».

«C'est l'action d'un autocrate qui a peur de la démocratie et de la presse libre. Les conservateurs s'opposeront toujours aux autocrates qui oppriment leur propre peuple et qui censurent et intimident les journalistes», a commenté le député Michael Chong.

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