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Loi 96: le Bloc «se radicalise un peu», selon Pablo Rodriguez

Pablo Rodriguez

Photo d'Archives AGENCE QMI

Pablo Rodriguez

Les libéraux et les bloquistes ont continué de s’envoyer des flèches, mercredi, quant à la présence de députés libéraux à la manifestation contre la loi 96, samedi dernier à Montréal, le caucus de Justin Trudeau ayant laissé entendre que le Bloc québécois «se radicalise un peu» sur la question.

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«On parle de députés québécois élus par d’autres Québécois qui vont marcher dans leur propre ville. Alors je pense que là-dessus, le Bloc se radicalise un peu. [...] Il n’y a pas un député, incluant les députés qui ont marché cette semaine, qui n’est pas d’accord avec le fait que le français est menacé. Ils sont tous d’accord», a affirmé M. Rodriguez en mêlée de presse, mercredi matin.

Les bloquistes avaient avancé lundi que la présence des libéraux au rassemblement était une «provocation dans les champs de compétence du Québec». Ils avaient alors proposé une motion pour qu’Ottawa n’interfère pas dans l’application de la Charte de la langue française.

«[Les députés libéraux] n’ont pas dit que la loi 96 n’était pas correcte. Ils n’ont pas dit que la loi 96 allait trop loin, ils ont aussi dit, et ce n’est pas rien, que la langue d’enseignement devrait être au libre choix des gens. [...] Ils ont dit qu’il faut compromettre le fondement même de la loi 101», a réagi mercredi après-midi le dirigeant du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.Rappelons que ce sont les députés Peter Schiefke, Anthony Housefather, Patricia Lattanzio, Emmanuella Lambropoulos, Annie Koutrakis, Anju Dhillon, Francis Scarpaleggia et Sameer Zuberi qui ont été vus au rassemblement.

Cette situation ne semble pas interpeller le premier ministre Justin Trudeau, qui a assuré que son gouvernement suit attentivement le projet de loi. À ses yeux, les députés «sont là pour représenter leurs communautés» et choisissent les préoccupations qu’ils souhaitent souligner.

«Nous allons toujours être là pour protéger des minorités à travers le pays, que ça soit des minorités linguistiques francophones hors Québec ou la minorité linguistique anglophone à l’intérieur du Québec», a-t-il soutenu en matinée.Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, a également défendu les huit députés concernés et s’est dit «surpris» du débat entourant leur présence à la manifestation.

«J’ai souvent dit moi, il y a des éléments de cette loi-là qui, je pense, ne correspondent pas à la volonté de plusieurs Québécois et Québécoises, et ça sera à l’Assemblée nationale de faire ce travail-là, d’avoir ce débat-là», a-t-il ajouté lorsqu’interrogé sur cette question.

Selon les libéraux, leur réforme de la Loi sur les langues officielles, aussi appelée C-13, permet de renforcer le français aussi bien au Québec que dans les autres provinces.«Il y a là un enjeu qui pourrait mettre en lumière que le gouvernement [de Justin Trudeau] est assez résolument hostile à la langue française, même s’ils ne l’admettront pas», a martelé M. Blanchet.

Aussi questionné sur le dossier, le chef néodémocrate Jagmeet Singh a souligné, lors d’un point de presse, que les députés ont le droit de manifester leur position.

«On appuie l’importance de défendre la langue française et on reconnaît qu’il doit y avoir des lois qui protègent la langue française. On sait aussi qu’il y a une importance de défendre les langues minoritaires en général», a-t-il laissé entendre, sans se positionner clairement sur sa vision de la loi 96.

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