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Norme sur le nickel: la grogne des citoyens de Limoilou ne faiblit pas

Photo Jean-François Racine

La grogne des citoyens de Limoilou n’a pas diminué d’un cran concernant la nouvelle norme sur le nickel dans l’air alors qu’une centaine d’entre eux ont répondu à l’appel du député Sol Zanetti mardi soir pour discuter des rejets inquiétants de l’incinérateur et du Port de Québec.

L’entrée en vigueur du nouveau règlement sur la qualité de l’air, qui permet à l’industrie chimique ainsi qu’à plusieurs entreprises de quintupler les émissions de nickel dans l’air, continue de susciter des réactions négatives.

« Pour moi, la modification de la norme de nickel dans l’air, c’est extrêmement scandaleux. Comme mère de famille, ce que je vis, c’est un assaut. C’est une violence inouïe. C’est une violence inacceptable » a lancé Isabelle Arsenault, une citoyenne du Vieux-Limoilou.

Santé menacée

Pendant plus de deux heures trente, les citoyens préoccupés ont fait salle comble à l’occasion d’une assemblée publique sur la pollution de l’air dans Limoilou au centre communautaire Jean-Guy Drolet, à Québec.

Les participants veulent sensibiliser le gouvernement sur la pollution atmosphérique globale et ses impacts sur la santé et sur les gens du quartier.

« On a un gros problème dans Limoilou. Le ministre ne comprend absolument rien. On ne se fera pas fourrer par l’industrie », a aussi dénoncé Daniel Guay.

Pour sa part, le député solidaire de Jean-Lesage a réclamé plus de pouvoirs aux citoyens. « Le milieu scientifique et les citoyens critiquent la norme. Il y a des mémoires et rien ne change. La norme est adoptée pareil », a mentionné Sol Zanetti.

Long combat

D’autres militants ont l’impression que le combat ne finira jamais. Le nickel est un excellent indicateur, mais la problématique est plus large.

« Je suis heureuse et en même temps surprise et presque découragée de revoir autant de monde presque dix ans plus tard au même endroit » a ajouté Véronique Lalande, à l’origine à l’époque d’un recours collectif pour les épisodes de poussière rouge dans Limoilou.

Selon Johanne Elsener, de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), la pollution de l’air est une tueuse invisible. « Derrière les statistiques se jouent des drames humains. »

Récemment, les médecins en environnement se sont tournés vers le premier ministre Legault, à qui ils ont envoyé une lettre pour réclamer un réexamen de la norme sur le nickel dans l’air. 

Le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, a refusé de réétudier la norme.

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