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Immigration: Ottawa travaille pour atteindre les seuils francophones, assure Trudeau

Justin Trudeau a assuré jeudi que son gouvernement met tout en œuvre pour atteindre les seuils d’immigration francophone, quelques heures après la publication d’un sondage indiquant que pour la plupart des Québécois, l’arrivée de non-francophones est une menace au français dans la province.

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Réagissant à ce coup de sonde, M. Trudeau a affirmé que Québec et Ottawa travaillaient en partenariat sur ce dossier pour accélérer l’arrivée d’immigrants francophones dans la Belle Province et dans le reste du Canada.«On reconnaît aussi qu’on est dans une pénurie de main-d’œuvre et ça prend plus de monde. On va continuer à travailler pour atteindre les seuils d’immigration francophone, mais c’est un travail que nous faisons très bien ensemble», a-t-il soutenu lors d’une mêlée de presse, jeudi matin.

L’enquête de la firme Léger pour le compte de la Coalition avenir Québec (CAQ) indiquait que près de 68 % des Québécois interrogés sont en faveur d’une vérification que tout immigrant parle déjà français avant de se voir décerner un certificat de sélection du Québec.

Le ministre du Patrimoine canadien et lieutenant du Québec, Pablo Rodriguez, a assuré qu’il faut «insister plus au niveau de la francisation».

«Moi, je pense qu’il y a un rôle pour chaque palier de gouvernement. Je pense qu’on doit travailler de façon concertée, c’est ce que l’on fait actuellement. Est-ce qu’on peut travailler mieux, plus rapidement? Probablement, parce qu’il y a encore des délais. On doit faire plus vite», a-t-il mentionné.

Le Bloc québécois a appuyé de son côté le souhait de Québec d’obtenir plus de pouvoirs en matière d’immigration.

«Bien au-delà de la question du sondage et de ce que la population veut, la situation du Québec, elle est particulière, on a une capacité d’intégration qui est différente parce que les gens doivent parler le français ici pour bien s’intégrer et il y a des blocages au niveau de la collaboration fédéral-Québec en matière d’immigration», a déclaré Christine Normandin, leader adjointe du parti lors d’une mêlée de presse.

«Quand on entend M. Trudeau mentionner que tout va bien, madame la marquise, il y a une bonne collaboration avec Québec, je reste un petit peu surprise», a-t-elle précisé.

Pour les conservateurs, la plus grande part des compétences sur cette question devrait être laissée à Québec.

«Les conservateurs soutiennent le principe de la protection de la langue et de la culture françaises, et notre préférence est de laisser le gouvernement du Québec légiférer dans les domaines de compétence fédérale et provinciale partagée pour établir ses propres exigences linguistiques pour les immigrants au Québec», a indiqué Jasraj Singh Hallan, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Pas de hausse de l’immigration prévue

Les répondants au sondage ont aussi avancé que Québec doit maintenir le nombre annuel d’immigrants acceptés au Québec, qui est à un seuil de 50 000 pour le moment. Cette vision confortait la position du premier ministre québécois, qui a réitéré jeudi qu’il ne souhaitait pas augmenter les niveaux d’immigration dans la province.

«Toute proportion gardée, le Québec reçoit déjà plus d’immigrants que les États-Unis ou que la France. Il faut respecter la capacité d’intégration de ces personnes-là, et donc il n’est pas question d’augmenter le 50 000», a soutenu François Legault en marge d’un déplacement à Saguenay.

Si certains comptaient sur l’arrivée d’immigrants pour pourvoir des emplois dans la province, M. Legault a fait valoir qu’il espère «solutionner la pénurie de main-d’œuvre essentiellement par la productivité».

En ce qui concerne les passages de demandeurs d’asile par le chemin Roxham, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a reconnu qu’il s’agit d’une «pression pour Québec.»

«C’est exactement la raison pour laquelle le gouvernement fédéral cherche plusieurs façons de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec. Chaque année, on a transféré beaucoup de ressources et beaucoup d’argent pour offrir un appui concret pour le gouvernement du Québec pour la création de services d’installation, pour les nouveaux arrivants et même pour les demandeurs d’asile», a-t-il ajouté.

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