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Le domaine forestier populaire auprès des jeunes

Les jeunes ont de plus en plus d'intérêt pour les métiers qui touchent au domaine de la forêt, relançant l'industrie pourtant impopulaire il y a quelques années.

Au tournant des années 2000, les inscriptions dans les programmes de foresterie étaient faibles, ainsi les formations professionnelles manquaient d'élèves. Aujourd'hui, cette problématique semble désormais révolue puisque les jeunes considèrent de plus en plus la foresterie comme un métier d'avenir, surtout parce que le taux de placement est très bon.

Au Centre de formation professionnelle (CFP) du Pays-des-Bleuets, à Dolbeau-Mistassini, des élèves apprennent à manipuler une abatteuse et un transporteur dans la salle des simulateurs.

Pour Matthew Adams, c'est principalement la machinerie qui l'a attiré dans le domaine.

«Je veux être sur l'abatteuse. J'aime vraiment ça», a déclaré le jeune homme de 18 ans.

Quant à Joël Bradette, 20 ans, ce sont plutôt les conditions de travail avantageuses et le paysage forestier qui l'ont attiré. «C'est [...] le salaire et le bois. J'aime ça, c'est beau», a-t-il mentionné.

À 17 ans, Anthony Tremblay a trouvé son domaine, il en est convaincu. «Il y a pas mal de monde dans ma famille qui travaillent là-dedans. Je suis vraiment un gars de bois. Je trippe bin raide», a lancé l'étudiant.

Michaël Paré, 25 ans, croit aussi avoir fait le bon choix. «Depuis tout jeune, j'ai grandi là-dedans. De retourner en forêt, ça m'intéresse. Mes deux frères travaillent là-dedans, et je m'en vais, moi aussi, là-dedans», a-t-il indiqué.

Leur formation au CFP du Pays-des-Bleuets est d'une durée de 840 heures étalées sur une période de six mois. Et les élèves peuvent commencer la formation à tout moment, grâce au principe de l'entrée continue. L'élève commence quand il est disposé à suivre ses cours.

«Ça permet à des gens quand ils sont prêts d'intégrer tout de suite une formation», a précisé le directeur du CFP, François Delisle.

Avec 45 élèves formés par année, le taux de placement est pratiquement de 100%.

«On reçoit des appels chaque semaine, a ajouté M. Delisle. Même au centre de service scolaire. Dans les secteurs de la formation professionnelle, il n'y a pas une semaine qu'on ne reçoit pas d'offre d'emploi.»

On est loin de l'époque où l'un des enseignants du Centre, Marc St-Jean, a complété sa formation.

«Quand je suis sorti en 2000-2001, c'était plutôt rare. Il n'y en avait pas, de job. Quand moi j'étais en forêt, il y a des moments où c'était moins drôle. Ça n'était pas facile non plus», a-t-il avoué.

Aujourd'hui, avec un salaire de départ à 25$ et autant de besoins de main-d'oeuvre, les jeunes reviennent dans cette industrie.

«Ça s'arrache tout le monde, a affirmé Michaël Paré. C'est quand même une période difficile. Tout le monde cherche des employés. Ce n'est pas ça qui manque. Je pense qu'on est bon pour un bon bout encore.»

Son collègue, Anthony Tremblay, observe les mêmes besoins. «C'est vraiment l'enfer. Tout le monde cherche. Tout le monde court partout. Les contracteurs cherchent vraiment beaucoup d'employés. Tu vois, c'est fou. Dans le bois, il y a vraiment beaucoup de jobs à avoir. J'ai vu l'abatteuse et j'ai vraiment accroché. L'abattage, c'est ce que j'aime le plus», a-t-il confié.

Marc St-Jean le constate comme enseignant. «Souvent, ils sont sollicités même avant d'avoir terminé la formation. Ils sont attendus. Dès qu'ils ont fini, le lundi suivant, ils sont attendus en forêt», a constaté le professeur.

Mais manipuler la « multi » comme ils l'appellent, l'abatteuse qui coupe et débranche, ce n'est pas si simple. Le simulateur aide beaucoup. Les élèves progressent plus rapidement.

«Depuis qu'on a ça, on voit qu'ils se pratiquent. On voit un gros changement, a expliqué M. St-Jean. Lorsqu'ils arrivent en forêt, ils ne partent pas de zéro. Ils sont performants un peu plus.»

François Delisle est convaincu que cet outil facilite l'apprentissage. «C'est très motivant de venir à l'école. On est dans un environnement très technologique. On voit déjà une grande progression au niveau de la performance. C'est certain que les employeurs veulent avoir des employés performants. Et c'est ce que l'on offre», a-t-il indiqué.

Matthew Adams a tout de suite confirmé son choix en amorçant sa formation, il y quatre semaines, surtout qu'un emploi l'attend en octobre, à la fin de son cours.

«Mon beau-père a une compagnie d'excavation, mais lui, c'est de la voirie forestière. Il s'est acheté un kit d'abattage. Ça m'a vraiment donné le goût de m'enligner là-dedans et de travailler pour lui. J'aimerais ça faire toute ma vie là-dedans», a confié le jeune homme.

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