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Au Canada, le prince Charles reconnaît la souffrance des Autochtones

La reconnaissance par le prince Charles de la «souffrance» des peuples autochtones du Canada lors de sa visite dans le pays est une étape importante estiment plusieurs responsables autochtones, qui appellent maintenant la monarchie à présenter des «excuses».

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«Au nom de ma femme et de moi-même, je tiens à reconnaître la souffrance (des autochtones) et leur dire que nous sommes de tout cœur avec eux et leurs familles», a déclaré jeudi à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) le prince Charles dans un discours concluant sa visite de trois jours au Canada.

Après des arrêts à Saint-Jean de Terre-Neuve (est) et Ottawa, le couple princier a conclu son périple jeudi dans le nord-ouest du Canada où le prince Charles est revenu sur ses rencontres «particulièrement touchantes avec des survivants des pensionnats pour autochtones qui ont raconté avec courage leurs expériences».

«Nous devons écouter la vérité des expériences vécues par les peuples autochtones et nous devons travailler pour mieux comprendre leur douleur et leur souffrance», a-t-il ajouté.

Pour la présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, c'est une «étape importante». «Cela représente beaucoup pour nous de voir que le prince Charles et sa famille veulent écouter et entendre les vérités des peuples autochtones», a-t-elle ajouté.

De son côté, RoseAnne Archibald, la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, a expliqué avoir trouvé le prince «très empathique».

Mais elle a ajouté qu'elle espérait toujours des excuses «non seulement au nom de l'Église anglicane pour ce qui s'est passé dans ces institutions, mais aussi pour les échecs des relations entre la Couronne et les peuples des Premières Nations».

Cette visite intervient un an après la découverte au Canada des premières tombes d'enfants anonymes sur le site d'anciens pensionnats pour autochtones, qui ont fait scandale et exposé au grand jour l'histoire coloniale du pays.

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1980, quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans plus de 130 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture.

Des milliers n'en sont jamais revenus. Les autorités estiment leur nombre entre 4000 et 6000. En 2015, une commission d'enquête nationale avait qualifié ce système de «génocide culturel».

Le pape François, qui a déjà présenté ses excuses en avril devant une délégation de représentants autochtones canadiens, se rendra fin juillet dans le pays pour les renouveler.

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