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La Chine condamne l'interdiction «sans fondement» de la 5G de Huawei au Canada

Une décision «sans fondement»: Pékin a fustigé vendredi l'exclusion du réseau 5G au Canada de ses géants des télécoms Huawei et ZTE, au nom de la sécurité nationale.

Les relations Pékin-Ottawa se sont notoirement dégradées en 2018 avec l'arrestation au Canada, à la demande des États-Unis, de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, depuis retournée en Chine.

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Dans un contexte de rivalité, Washington a de son côté fortement accru ces dernières années la pression à l'encontre des joyaux chinois de la tech.

Huawei est régulièrement accusé par Washington de représenter un danger pour la sécurité nationale en raison de liens potentiels avec les services de renseignement chinois, ce que l'entreprise dément.

Les États-Unis pressent leurs alliés de renoncer à ZTE et surtout Huawei pour équiper leurs réseaux 5G, arguant que Pékin pourrait utiliser ces firmes pour surveiller les communications et trafics de données d'un pays.

Après des années de tergiversation, le Canada a décidé jeudi de bannir les deux groupes de son réseau 5G.

«Nous annonçons notre intention d'interdire les produits et services Huawei et ZTE dans les systèmes de télécommunication du Canada», a déclaré le ministre de l'Industrie François-Philippe Champagne.

«Cela fait suite à un examen complet par nos agences de sécurité et en consultation avec nos alliés les plus proches», a indiqué lors d'une conférence de presse M. Champagne.

Pékin a fait part vendredi de son mécontentement.

Écoutez l'entrevue avec Guy St-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine sur QUB radio:  

«La Chine s'oppose fermement»  

«La Chine s'oppose fermement» à cette décision, a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, assurant que son pays prendrait «toutes les mesures nécessaires» pour défendre les entreprises chinoises.

Le porte-parole n'a pas précisé quelles pourraient être ces mesures.

Le Canada interdisait déjà à Huawei de participer aux appels d'offres du gouvernement pour des équipements réseaux de base, comme les routeurs.

Les États-Unis sont le chef de file de la campagne contre Huawei, avec le spectaculaire bannissement du groupe chinois par le président américain Donald Trump en mai 2019.

Washington, qui n'a plus d'équipementier télécoms d'ampleur dans les réseaux mobiles, encourage depuis ouvertement ses partenaires européens à faire de même.

D'autres alliés du Canada ont emboîté le pas aux États-Unis, notamment le Royaume-Uni, le Japon, l'Australie et la Suède.

La France a pour sa part choisi de restreindre les autorisations d'exploitation des opérateurs qui utilisent des technologies Huawei.

La technologie 5G, dont le déploiement s'accélère à travers le monde, offre un accès très haut débit à internet et est amenée à jouer un rôle clé pour les objets connectés.

La 5G «représente une opportunité majeure pour la concurrence et la croissance» mais «comporte également des risques», a estimé jeudi le ministre canadien de la Sécurité publique Marco Mendicino.

«Il existe de nombreux acteurs hostiles qui sont prêts à exploiter les vulnérabilités» dans les réseaux de télécommunications, a jugé M. Mendicino, devant la presse.

La relation diplomatique entre la Chine et le Canada s'est envenimée fin 2018 avec l'arrestation, à Vancouver, de Meng Wanzhou, cadre de Huawei et fille du fondateur du groupe télécom chinois.

Cela avait marqué le début d'une crise majeure entre les deux pays appelée «diplomatie des otages», avec la détention en parallèle en Chine de deux Canadiens, l'ancien diplomate Michael Kovrig et l'homme d'affaires Michael Spavor.

Après près de trois ans de procédure, Meng Wanzhou a finalement retrouvé la liberté fin septembre 2021 et regagné la Chine. Les deux Canadiens avaient été libérés dans la foulée.

La décision de bannir ZTE et Huawei de la 5G au Canada est intervenue le jour même où la Chine levait trois ans d'interdiction sur les importations de canola canadien.

En mars 2019, les autorités chinoises avaient révoqué la licence du plus grand producteur agricole canadien, Richardson, et de l'entreprise Viterra Inc. en raison de nuisibles détectés dans les exportations.

La mesure avait alors largement été perçue comme des représailles de Pékin à l'arrestation de Meng Wanzhou au Canada.

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