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Macron nomme un nouveau gouvernement, l'extrême droite pourfend Pap Ndiaye

Le président français Emmanuel Macron a nommé vendredi une diplomate chevronnée, Catherine Colonna, à la tête du ministère des Affaires étrangères et fait entrer dans le nouveau gouvernement du pays des personnalités de la société civile, dont l'historien Pap Ndiaye, pourfendu par l'opposition d'extrême droite.

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Diplomate de carrière, Mme Colonna, 66 ans, est l'actuelle ambassadrice de France à Londres.

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Parmi les autres membres du gouvernement dirigé par la première ministre Élisabeth Borne, un fidèle soutien de M. Macron, Sébastien Lecornu, remplace Florence Parly au ministère des Armées. M. Lecornu faisait déjà partie du précédent gouvernement au poste des Outre-Mer.

L'annonce surprise est venue de la nomination à l'Éducation de Pap Ndiaye, qui dirigeait jusqu'ici le Musée national de l'histoire de l'immigration. 

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Cet intellectuel universitaire de 56 ans, né en France d'un père sénégalais et d'une mère française, est spécialiste de l'histoire sociale des États-Unis et des minorités. Il est le frère de l'écrivaine à succès Marie NDiaye. 

Il succède à ce poste traditionnellement très exposé à Jean-Michel Blanquer.

La nomination de Pap Ndiaye a suscité les foudres de l'extrême droite. Marine Le Pen, battue au deuxième tour de la présidentielle face à M. Macron, a dénoncé un «indigéniste assumé», signe selon elle «de la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir».

«Emmanuel Macron avait dit qu'il fallait déconstruire l'Histoire de France. Pap Ndiaye va s'en charger», a renchéri l'ancien candidat Éric Zemmour.

Intervenant en soirée sur la chaîne TF1, la nouvelle première ministre a balayé ces accusations «caricaturales» et parlé d'un «républicain très engagé» qui «partage l'objectif d'offrir à nos enfants l'excellence et l'égalité des chances».

Autre nouvelle promue au gouvernement, Rima Abdul Malak, une conseillère franco-libanaise d'Emmanuel Macron, a été nommée ministre de la Culture. Une ascension remarquable pour cette quadragénaire spécialiste du spectacle vivant: elle a passé les dix premières années de sa vie à Beyrouth en pleine guerre civile, avant d'arriver à Lyon (centre-est) avec ses parents, son frère et sa sœur.

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Le nouveau gouvernement, paritaire, avec 14 femmes (dont la première ministre) et 14 hommes, comprend aussi plusieurs poids lourds qui ont été reconduits dont Bruno Le Maire à l'Économie, Gérard Darmanin à l'Intérieur ou Éric Dupond-Moretti à la Justice.

Un transfuge de la droite, Damien Abad, ex-patron des députés du parti Les Républicains, a été nommé au ministère de la Solidarité. À l'inverse, un ex-socialiste Olivier Dussopt occupera le poste de ministre du Travail, le président Macron continuant ainsi à fracturer le clivage gauche/droite qui a dominé depuis des décennies la politique française.

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«C'est d'abord un gouvernement paritaire et équilibré» entre des personnes reconduites et «des nouvelles figures qui viennent du centre, de la gauche et de la droite», a fait valoir Mme Borne sur TF1.

La bataille des législatives

Formé plus de trois semaines après la réélection d'Emmanuel Macron le 24 avril, ce gouvernement devra mener la bataille des législatives des 12 et 19 juin au cours desquelles le parti présidentiel tentera d'obtenir une nouvelle fois une majorité à l'Assemblée nationale.

Le nouvel exécutif va être confronté à un agenda national et international chargé et difficile avec la guerre en Ukraine, une inflation inédite depuis l'introduction de l'euro et une croissance en berne.

Dans l'opposition, le dirigeant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, qui a obtenu 22% des voix à la présidentielle, a dénoncé «un gouvernement bien libéral».

En nommant lundi Élisabeth Borne, technocrate issue de la gauche et plusieurs fois ministre, le chef de l'État a joué la continuité en s'efforçant d'envoyer un message à la gauche réformiste sans pour autant effrayer l'opposition de droite.

Mme Borne, 61 ans, a été successivement ministre des Transports, de l'Écologie et du Travail pendant le premier quinquennat de M. Macron, une des rares à siéger au gouvernement depuis le début de sa présidence en 2017.

Le chef de l'État s'est engagé, pour ce second mandat, à répondre à la colère exprimée par de nombreux Français pendant le mouvement populaire des «gilets jaunes». 

Le contexte est tendu: selon un récent sondage de l'institut Ifop, une large majorité de Français (77%) dit craindre une explosion sociale.

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