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«Pleasure»: une incursion dans le monde du X

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Cru, parfois dérangeant, Pleasure explore l’industrie de la pornographie d’un point de vue féminin.

Bella Cherry (l’extraordinaire Sofia Kappe) arrive aux États-Unis. Aux douanes, on lui demande si elle est là pour affaires ou pour le plaisir. Vous avez deviné ce qu’elle répond.

Car elle vient de Suède – la réalisatrice Ninja Thyberg est suédoise – et a bien l’intention de percer dans l’industrie du X. La séquence suivante montre Bella, c’est son nom de scène qu’elle a de tatoué sur la main, en train de répondre à une série de questions – âge, compréhension des scènes qu’elle s’apprête à filmer, etc. – censées nous montrer que l’industrie du cinéma pour adultes est désormais sécuritaire et respectueuse des femmes en cette ère post #MoiAussi.

Vous vous en doutez, il n’en est rien. C’est d’autant plus flagrant lorsque Ninja Thyberg fait suivre deux scènes, l’une sur le plateau d’un film réalisé par une femme, où Bella est entourée tant émotionnellement que physiquement, et l’autre sur un plateau entièrement masculin où la jeune femme n’a aucune voix au chapitre et dont on voit certains moments à travers ses yeux.

Pas plus Ninja Thyberg que Sofia Kappe n’ont les réponses aux questions qu’elles posent. Le «pouvoir» que détient l’actrice, sa capacité à dire «non», son choix de métier, la régulation de l’industrie, l’objectification des femmes (et des hommes, dans une mesure moindre) sont autant de réflexions qui perdurent après le visionnement de ce long métrage coup de poing sélectionné à Cannes en 2020 (le Festival a été annulé pour cause de pandémie) et présenté au Festival de Sundance en 2021.

Note : 4 sur 5

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