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Tuerie de l'Halloween à Québec: Carl Girouard coupable de meurtres prémédités

Le tueur de l’Halloween était sain d’esprit le 31 octobre 2020. Les 11 jurés ont complètement écarté la thèse du délire psychotique de la défense et ont déclaré Carl Girouard coupable des meurtres prémédités de François Duchesne et de Suzanne Clermont.

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Il aura fallu cinq jours de délibérations au jury sélectionné à la mi-avril pour décider du sort du tueur de l’Halloween et rejeter la thèse du délire psychotique. 

  

Selon eux, il ne fait aucun doute que l’accusé de 26 ans savait ce qu’il faisait lorsqu’il a quitté Sainte-Thérèse, près de Montréal, le 31 octobre 2020, pour se rendre près du Château Frontenac et attaquer sept personnes à coups de sabre de type katana. 

Cet après-midi, le juré numéro 11 s’est levé pour indiquer au juge Richard Grenier qu’ils en étaient venus à un verdict unanime. 

« Coupable de meurtre au premier degré », a dit d’une voix calme le président du jury lorsque la greffière a lu les deux premiers chefs d’accusation pour les meurtres de François Duchesne, 56 ans, et de Suzanne Clermont, 61 ans.

  

Réaction d’une blessée

Carl Girouard, stoïque pendant les verdicts, a aussi été reconnu coupable de tentative de meurtre sur cinq victimes, dont Lisa Mahmoud, qui était présente pour la décision. Malgré le stress qui l’habite toujours, cette dernière n’a pas hésité à affronter son agresseur.  

Une victime de Carl Girouard témoigne : point de presse

« Je le regardais avec fierté. J’étais fière d’être là et fière qu’il soit à sa place », a dit la femme qui a échangé « de très longs regards » avec son agresseur. 

« Je feel bizarrement. J’ai du mal à me réjouir du malheur des autres, mais je suis très contente que le jury ait pris la bonne décision », a ajouté celle qui a reçu 13 coups de sabre.

 

  

La sentence que devra subir Carl Girouard pour ses deux meurtres commis à l’aide d’un katana de 77 cm de long n’a pas été discutée lors du verdict.

Les avocats vont revenir devant le juge le 10 juin pour les observations sur la peine. 

Il faut dire que la décision que rendra la Cour suprême du Canada vendredi prochain pour le tueur de la mosquée Alexandre Bissonnette en ce qui a trait au cumul des peines par bloc de 25 ans risque de jouer sur la peine de Girouard. 

« Je ne veux pas prendre de chance [sic] inutilement », a fait valoir le juge Richard Grenier pour expliquer un report au-delà du 27 mai. 

Pour Lisa Mahmoud, toutefois, il n’y avait pas d’ambiguïté. « Le maximum, c’est peine maximum », a-t-elle souhaité. 

L’accusation de meurtre prémédité est l’offense la plus sérieuse du Code criminel. Dans l’état actuel du droit, l’homme de 26 ans sera condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. 

Écoutez l'entrevue de Mario Dumont avec Sébastien Dubois sur QUB radio: 

  

Théorie privilégiée  

En déclarant Girouard coupable de meurtre au premier degré, le jury estime donc que son plan a été mûrement réfléchi et planifié. 

Selon l’expert de la Couronne, le psychiatre Sylvain Faucher, l’accusé avait un « fantasme malveillant », une quête narcissique pour se venger d’une société qui l’a rejeté et ainsi magnifier sa différence.

À l’inverse, la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux en raison d’un délire psychotique n’a pas été retenue. 

Le procureur du DPCP, Me François Godin, s’est évidemment dit heureux du verdict rendu par le jury.

« Selon nous, ça correspond à la preuve qu’on avait présentée », a-t-il réagi, en ayant une pensée pour les familles des victimes.   

Un verdict qui ira en appel  

Dès sa sortie de la salle d’audience, l’avocat du tueur de l’Halloween a annoncé qu’il allait porter la cause en appel, référant d’ailleurs à une sortie en règle faite par le juge au procureur de la Couronne juste avant le verdict.   

Avant de faire entrer le jury pour rendre sa décision, le juge Richard Grenier s’en est pris directement au procureur de la Couronne, Me François Godin, sur la question de l’interrogatoire de police de 5 h 30 qu’a dû subir Carl Girouard, malgré son souhait de garder le silence.

Selon le juge, il était « inacceptable » d’agir de la sorte face au droit fondamental de l’accusé au silence. 

« Apprenez, Me Godin, que votre rôle, c’est un rôle d’officier de justice, pas un rôle de protecteur de la police », a lancé le juge d’un ton acrimonieux.

« Une suite »

Pour l’avocat de la défense, Me Pierre Gagnon, il s’agit d’un des « motifs sérieux pour porter le verdict en appel ».

« C’est difficile de l’interpréter autrement qu’un reproche fait à la poursuite », a commenté Me Gagnon.

Il estime aussi qu’un des experts de la Couronne a débordé de son champ d’expertise lors de son témoignage.

« C’est une bataille qui vient de se terminer, mais il y aura une suite », a dit l’avocat à son client.  

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