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Un nouveau ministre français accusé de viols

Le ministre français de la Solidarité, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Damien Abad, le 23 mai 2022.

AFP

Le ministre français de la Solidarité, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Damien Abad, le 23 mai 2022.

Le nouveau gouvernement français tout juste formé par le président Emmanuel Macron se trouvait lundi empêtré dans la polémique à trois semaines des élections législatives, un ministre transfuge de l’opposition de droite étant accusé de viols. 

Le ministre Damien Abad, chargé des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et qui récuse ces allégations, est accusé par deux femmes de viols en 2010 et 2011. 

M. Abad, lui-même handicapé, était jusqu’à la semaine dernière le responsable des députés du parti Les Républicains à l’Assemblée nationale avant de démissionner et faire son entrée au gouvernement.

Deux plaintes ont déjà été classées, mais la justice dit analyser un nouveau signalement.

Interrogée à l’issue d’une réunion du gouvernement lundi matin, la nouvelle porte-parole, Olivia Grégoire, a rappelé la politique de « tolérance zéro » du président Macron à cet égard, se disant « aux côtés de celles qui, suite à une agression ou un harcèlement, ont l’immense courage de parler ».

Dans le même temps, elle a estimé qu’il revient à la justice d’établir la « vérité » et « la justice est la seule à devoir et à pouvoir trancher » et indiquant qu’« à sa connaissance, aucune autre procédure n’est en cours ».

Cette affaire intervient quelques jours après le retrait de deux candidats aux élections législatives de juin, dont un du parti présidentiel condamné pour violences envers son ex-campagne.

Les accusations de violences et agressions sexuelles visant des personnalités politiques en France ont gagné en médiatisation ces dernières années. Des personnalités politiques de premier plan ont été contraintes de se retirer de la vie publique.

Lundi matin, plusieurs responsables politiques de l’opposition de gauche, dont le patron des socialistes Olivier Faure, ont réclamé la démission de M. Abad, appelant à « respecter la parole des femmes ».

La nouvelle Première ministre Élisabeth Borne avait déclaré dimanche n’avoir pas été au courant de ces allégations avant la lecture d’un article samedi du média en ligne Mediapart, relayant ces accusations sur la base des témoignages des deux femmes.

Elle a promis de tirer « toutes les conséquences » en cas de « nouveaux éléments » et de saisine de la justice.

« Contexte inédit » 

Lors du Conseil des ministres, le président Macron a appelé lundi le gouvernement à s’engager dans une « action nouvelle sur le fond et la forme », à « l’aune de défis nouveaux ».

« Le gouvernement que vous constituez est avant toute chose (...) un gouvernement pour agir » et « rassembler le pays », a lancé le chef de l’État en préambule de cette réunion, pointant « un contexte inédit » avec la crise de la COVID-19, « dont nous sortons à peine si tant est qu’elle soit totalement terminée », la guerre en Ukraine et des « défis inédits » pour la société française.

L’un des premiers textes qu’aura à examiner la prochaine Assemblée nationale concernera le pouvoir d’achat des Français, a confirmé la porte-parole Olivia Grégoire, au moment où les prix s’envolent et la croissance économique stagne.

Cette réunion du Conseil des ministres marque le lancement du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Il entre en action près d’un mois après la réélection du chef de l’État le 24 avril et à moins de trois semaines des élections législatives des 12 et 19 juin.

M. Macron espère y voir son parti Renaissance et ses alliés centristes rafler la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée.

Selon un sondage publié lundi, la majorité présidentielle et une alliance de partis de gauche sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise, gauche radicale) se trouvent au coude à coude devant le parti d’extrême droite RN, obtenant respectivement 28 %, 27 % et 21 % des intentions de vote au premier tour.

Le sort du nouveau gouvernement est suspendu à l’issue du scrutin, la moitié de ses membres, dont la première ministre étant candidate et devant le quitter s’ils sont battus, en vertu d’une consigne édictée par Emmanuel Macron en 2017.

Parmi les nouveaux visages, celui du ministre de l’Éducation, l’universitaire de père sénégalais et mère française, historien des minorités, Pap Ndiaye, était au centre des attentions. 

Seule véritable surprise du nouvel exécutif, sa nomination a suscité un tollé au sein de l’extrême droite qui l’accuse de « vouloir déconstruire le pays ».

Parmi les propos repris par les adversaires de Pap Ndiaye figure notamment l’idée, exprimée en 2017 dans le journal Le Monde, qu’il existe un « racisme structurel » en France.

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