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Imbroglio administratif pour un couple d'immigrants de Saguenay

Un couple d'immigrants de Saguenay, qui voulait offrir un avenir meilleur à leurs enfants voit son rêve se transformer en cauchemar administratif et financier.

Jihed Hammami qui est mécanicien industriel de formation a été recruté en Tunisie par l'entreprise régionale Fabmec. Il est arrivé au pays en décembre 2020 après de longues démarches effectuées par son employeur.

Depuis qu'une erreur se serait glissée dans son dossier d'immigration, son rêve s'est transformé en cauchemar. «C'est un rêve pour tout le monde de venir ici», a indiqué M. Hammami.

Contrairement aux trois autres travailleurs étrangers recrutés par Fabmec lors de la même mission économique, il a obtenu un permis de travail valide pour un an seulement au lieu de trois.

«Toutes les mêmes démarches ont été faites de la même façon pour les quatre travailleurs», a assuré le directeur général de l'entreprise Fabmec, Claude Gagné.

L'employeur prétend avoir immédiatement enclenché les procédures de renouvellement de permis.

«Il a reçu une réponse comme quoi on lui accordait uniquement un permis de visiteur», a expliqué M. Gagné, ajoutant qu'une lettre dans laquelle on lui interdit de travailler pendant que son dossier est à l'étude, lui a aussi été envoyée.

«C'est mon cinquième mois sans travail, sans revenu, sans assurance maladie et en plus j'ai perdu ma priorité pour un médecin de famille», a témoigné Jihed Hammami, visiblement inquiet.

Il accumule les dettes.

Sa femme donnera naissance à leur troisième enfant à la fin juin. «À la comptabilité de l'hôpital, on nous a dit c'est à partir de 12 000 $ et que comme elle doit avoir une césarienne, ça peut atteindre 17 000 dollars et plus», a mentionné M. Hammami.

Le CIUSSS leur demanderait de commencer à payer avant l'accouchement. «Ça veut dire que sans permis ici un immigrant ne peut pas vivre, s'est désolé le jeune père de famille. C'est comme si on est des clandestins. Les réfugiés sont mieux que nous.»

Son employeur a lancé ce mardi sur les réseaux sociaux une campagne de financement GoFundMe pour aider la petite famille.

«On va participer aussi parce que ça, des dons, on a le droit, a précisé Claude Gagné. Je n'ai même pas le droit de lui verser des avances. Si on lui verse des sommes, il tombe en infraction et il risque l'expulsion. On essaie de faire les procédures correctement, mais on se rend compte que le système n'est pas prêt à suivre du tout.»

M. Gagné a cogné aux portes des députés et tenté d'obtenir des réponses d'Immigration Canada sans succès.

«Qu'on lui donne au moins une lettre temporaire pour qu'il puisse travailler en attendant qu'on statue sur son cas, a-t-il affirmé. Il ne peut même pas retourner chez lui voir sa famille actuellement parce qu'il n'a plus de visa donc il est en prison dans son logement. C'est comme ça qu'on accueille notre monde au Québec.»

L'entreprise Fabmec avait choisi de recruter à l'international précisément pour pallier la pénurie de main-d'œuvre.

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