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«Pour toi Flora» : bâtir les ponts vers la guérison

PHOTO COURTOISIE Radio-Canada

La série «Pour toi Flora», qui retrace pour la première fois au petit écran l’héritage des pensionnats autochtones au Québec, s’installe sur ICI TOU.TV ce jeudi.

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Difficile à regarder par moments, cette série réalisée et produite par des créateurs autochtones est absolument nécessaire et merveilleusement bien exécutée. Elle contient aussi beaucoup de lumière.

Décliné en six épisodes, «Pour toi Flora» revisite le parcours de jeunes Anishinaabe (Algonquins) qui ont été arrachés des bras de leurs parents par les Oblats dans les années 1960 afin qu’ils intègrent le réseau des pensionnats autochtones pour y être assimilés. Des décennies plus tard, Flora (Dominique Pétin), maintenant une femme très croyante, et son frère Rémi (Marco Collin), qui veut faire publier son autobiographie, tentent de faire la paix avec leur passé.

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Cette fiction - bien réelle - réunie à l’écran notamment Virginie Fortin, Antoine Pilon, Samian, Eve Ringuette, Théodore Pellerin, Jean-Carl Boucher, Sophie Desmarais, Jean L’Italien et André Robitaille, qui incarne le Père Bédard à la tête du pensionnat où Flora et son frère sont envoyés.

Un méchant, un homme détestable en robe noire, très sévère, mais qui a été plutôt amusant à jouer. Le comédien d’expérience a avoué s’être d’ailleurs rapidement lié d’amitié avec les jeunes acteurs Sara Rankin Kistabish (Flora en 1960), Russell Flamand (Rémi en 1960), Jonah Bacon (David en 1960) et Charlotte Pashagumeskum (Odile en 1960) qui en étaient à leur première expérience de tournage.

«Le fait que je joue l’antagoniste, il fallait créer un lien tout de suite avec les enfants. On était très complices et il faut être très complices quand on a à molester quelqu’un physiquement ou verbalement [dans le cadre d’une scène]. Ça devient ton ami au tournage et c’est important pour être en confiance. On a eu un très bon lien avec les quatre enfants. Je jouais et je dessinais avec eux, les quatre pattes à terre» a-t-il dit en souriant lors d’une entrevue.

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Comme pour tous les personnages, celui du Père Bédard avait certains écueils à éviter. «Il y a des dangers de manquer de nuances, de jouer juste une couleur, jouer juste le trouble. J’ai travaillé sur sa conviction. Lui, il ne le sait pas qu’il est méchant. Il le fait par sa foi, ses convictions religieuses, son engagement en tant qu’homme d’affaires qui tient ce pensionnat-là. Il fallait que je lui donne des raisons [de faire ce qu’il fait] pour mieux le jouer et le nuancer», a précisé André Robitaille, en ajoutant que l’équipe de production a fourni aux comédiens de la série des dossiers assez complets sur le contexte sociohistorique et l’actualité entourant les pensionnats autochtones pour leur préparation.

En plus des coachs de jeu, pour guider les jeunes comédiens, le plateau s’est aussi muni de consultants culturels, deux ainés, Norman Kistabish et Émily Mowatt, qui ont aidé les comédiens (autochtones et allochtones) avec la langue Anishinaabe. Ils ont entre autres traduit les textes pour faciliter l’expression des répliques.

Une série québécoise, une histoire pancanadienne

La scénariste et réalisatrice Sonia Bonspille Boileau a récolté de nombreux témoignages de survivants, mais s’est aussi inspirée de l’histoire de sa propre famille pour créer la série. Étant issus d’une communauté anglophone, son grand-père et les sœurs de ce dernier ont été envoyés, à l’époque, dans un pensionnat en Ontario, mais c’est au Québec que la réalisatrice tenait à raconter l’histoire.

«Il était important pour moi de faire la série ici, en français, parce que je trouvais que c’était au Québec qu’on en connaissait le moins sur les pensionnats», a fait valoir Mme Bonspille Boileau.

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Bien que le nom du pensionnat où se déroule la série ne soit pas spécifiquement nommé, le projet d’assimilation par la religion et les sévices vécus par les pensionnaires comme les violences physiques, psychologiques et sexuelles étaient les mêmes dans l’ensemble des établissements du réseau de pensionnats pour autochtones au Canada, a-t-elle aussi rappelé.

«Pour toi Flora» sera disponible sur l’EXTRA d’ICI TOU.TV dès jeudi. La série devrait aussi occuper une place de choix dans la grille d’ICI TÉLÉ et d'APTN au cours d’une prochaine saison télé.

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